Annuaires : la loi du plus riche

Par Jean-Philippe BAY, le 18 janvier 2002 à 15h13 , mis à jour le 16 janvier 2002 à 15h17

Le positionnement payant arrive sur les annuaires et moteurs de recherche du Web. Après la mise en place d'une tarification pour le référencement rapide des sites, c'est un pari risqué pour la crédibilité de tous les guides du Web.

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Dans la recherche toujours plus poussée de nouvelles recettes par Internet, les commerciaux ont pondu deux concepts pour améliorer la rentabilité des annuaires et des moteurs de recherche du Web. Sous un aspect anodin, ces nouveaux services amorcent un profond changement dans la philosophie du Web et signe à long terme la disparition des sites sans moyens financiers.

Le référencement payant consiste à proposer en échange de 99 à 500 € HT un référencement rapide (7 à 10 jours ouvrés) sur les annuaires/moteurs (Yahoo, Altavista, Nomade.fr…). Les responsables des sites de recherche se défendent tous de vouloir modifier les réponses faites aux recherches des internautes. Il est vrai qu'accélérer le traitement n'influence pas la pertinence des résultats envoyés à l'internaute. Néanmoins, ce système privilégie les sites fortunés qui veulent rebondir sur une actualité précise et laisse les autres dans le "dessous de la pile" des sites en attente de référencement. Mis en place sur Altavista, ce système se traduit par une mise à jour hebdomadaire des url au lieu des 30 à 60 jours habituels.

Positionnement : liens "sponsorisés" et partenaires

Une autre pratique est tout près d'arriver sur les sites français (Yahoo.fr, nomade.fr, altavista.fr) : la mise aux enchères des emplacements correspondant à des mots clés. En clair, pour certaines recherches, des liens apparaîtront en haut de la liste après paiement de leur propriétaire. Certaines recherches ("voiture" sur Altavista ) font apparaître des "liens partenaires" situés au début des réponses obtenues...

Est-ce la fin de l'indépendance des bases de recherches ? Il n'en est rien assure Clotilde de Mersan, responsable business développement de Yahoo France "La mise en place du positionnement payant se fera dans un cadre clairement identifié pour l'internaute." Une recherche sur Yahoo US (où le système est déjà partiellement actif) fait apparaître les "liens sponsorisés" sur un fond de couleur et avec une entête clairement définie. Même réponse du côté d'Altavista. "Notre index n'est pas concerné par ce système" explique Stéphanie Himoff, vice-présidente en charge du développement commercial à destination du grand public chez Altavista international. Chez Altavista, la différenciation graphique est bien plus subtile que sur Yahoo mais le nombre de liens est limité à deux. Altavista se dédouane en laissant la gestion de ces liens "partenaires" à Espotting (en France). Reste que le résultat apparait sur le site Altavista et peut induire en erreur l'internaute peu attentif.

Des concepts juteux

Que ce soit chez Altavista, Yahoo, ou Nomade.fr, ces nouveaux services sont très rentables. En 6 mois, Altavista a fait passer plus de 2 millions d'url par ce biais. Chez Nomade.fr, après 3 mois d'activité, le référencement payant représente entre 5 et 10% du chiffre d'affaires. Les moteurs/annuaires ont bien compris que ces activités étaient susceptibles de mettre en doute la pertinence des résultats et ont mis en place des barrières. Mais vont-elles tenir longtemps face à l'appât du gain ?

Par Jean-Philippe BAY le 18 janvier 2002 à 15:13
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