© INTERNEIl y a dix jours, Philips a jeté un pavé dans la mare, via une déclaration sans ambages faite à l'agence Reuters, dans lequel le fabriquant d'électronique dénonce véhément la nouvelle marotte des maisons de disques : les CD "proé gés" contre la copie. Or, Philips a son mot à dire : la société néerlandaise est co-créatrice, avec Sony, du CD.
Le porte-parole de Philips, Klaus Petri, dénonce les récentes tentatives des maisons de disques, qui ont introduit sur le marché des CD supposés inviolables, car illisibles sur le lecteur CD d'un ordinateur et de certains lecteurs salon. C'est là que le bat blesse, selon Philips, qui n'admet pas que son support perde son universalité . Selon Klaus Petri, les technologies anti-copie ne sont pas au point et pénalisent le consommateur en ne lui garantissant pas qu'il pourra lire le CD sur n'importe quel lecteur. "Ce sont des disques argentés contenant de la musique, mais ce ne sont pas des CDs", explique-t-il, ajoutant que Philips pourrait s'opposer à ce que le label "Compact Disc" apparaisse sur ces disques et poursuivre en justice certaines maisons de disques.
Ce veto de Philips peut être vu sous un angle cynique : le constructeur, qui a abandonné ses activités musicales il y a plus de trois ans et commercialise depuis le même temps des graveurs CD de salon, n'aimerait pas que l'on s'attaque à son marché . Réponse de Philips : peu importe, vu qu'il compte fabriquer des graveurs à même de copier ces CD anti-copie. L'important, d'après Klaus Petri, est l'image du support que la société a inventé . Cela montre surtout que le débat sur les CD protégés est loin d' être clos.
Universal a été la première major a vendre de tels disques. Elle a trouvé une parade à leur premier défaut, l'incompatibilité avec les PC, en leur associant des pistes numériques protégées et lisibles sur ordinateur. Mais que ces CDs ne soient pas lisibles sur certains lecteurs salons gène. Autant que l'ambiguïté juridique de cette pratique : au début de l'année, un député américain l'a dénoncée, expliquant qu'elle violait le droit accord au consommateur de faire une copie privée de ses disques.
Dernier point du débat, la méthode employée par les maisons de disque, qui ont lancé leurs CDs protégés sans en avertir les consommateurs, et le font en masse : une liste diffusée sur Internet montre qu'elles ont eu bien peu de scrupules à lancer une technologie à la fois douteuse et balbutiante. On peut compter sur ce nouveau feuilleton pour durer plusieurs saisons.
Retour MYTF1





