Le Web en campagne

Par Jean-Philippe BAY, le 30 janvier 2002 à 09h51 , mis à jour le 28 janvier 2002 à 18h43

Avec l'élection présidentielle en ligne de mire, la politique s'installe sur le Web grâce à la bonne volonté des militants. Etat des lieux avant le vrai départ de la campagne.

élysée © INTERNE

C'est un fait, Internet a réussi à s'intégrer dans le fonctionnement des partis politiques. Même si les mammouths de la scène politique semblent encore se demander quelle ampleur donner à leur site, les petits partis ont bien compris que le Web pouvait leur servir de tribune face à l'absence d'intérêt des médias.

Reste que l'enthousiasme affiché tranche franchement avec les moyens déployés. L'ensemble des partis politiques, qu'ils aient un candidat déclaré au non, n'a pas investi massivement dans le Web. Les sites sont très souvent animés par une ou deux personnes et restent limités dans leur contenu : projet de campagne, biographie et bibliographie des candidats pour les plus simples, "chat", forum et vidéos en direct pour les sites les plus entreprenants. La newsletter est l'outil le plus utilisé et petit à petit, les sites tentent de mettre à jour régulièrement leur contenu.

Le site de campagne d'Alain Madelin a vraisemblablement pris une tête d'avance en mettant en ligne deux petits jeux en flash ("kikadi" et "présidentielle poursuite"). Le site dispose même d'un module de paiement en ligne pour recueillir les dons des supporters.

Interactivité imparfaite

Quant à l'interactivité, beaucoup de promesses ont été lancées notamment avec la présence de candidat sur de futurs chats organisés par les responsables des sites d'Alain Madelin, François Bayrou, ou Corinne Lepage. Peu de sites ont investi dans un forum... "trop lourd à gérer" explique Nicolas Bay, webmaster du site de Bruno Mégret. Par contre l'utilisation de la newsletter semble avoir conquis tous le monde... Il faut dire qu'il s'agit de l'outil informatique qui se rapproche le plus du traditionnel tract politique.

Les cybersquatteurs déjà candidats

Malgré la vigilance des QG de campagne, certains internautes ont pris les devants. François Bayrou ne pourra pas utiliser le nom Bayrou2002.com et bayrou.com. En lieu et place de ce qui aurait pu être un site de campagne, on y retrouve un hommage à... Georges Bayrou, ancien président du club de football de Sète. Commentaire gêné des collaborateurs de François Bayrou : nous avons choisi "bayrou.net" car ce nom sied mieux à un site de campagne politique… Même constat pour megret2002.com, jospin2002.com et chirac2002.com : tous ont été cybersquattés.

Comparatif des sites politiques

Site

connexions

Présentation

Interactivité

François Bayrou :

2500-3000/jours

Christine Boutin :

1000/jours

J-P. Chevènement :

2500/jours

Robert Hue :

(non indiqué)
Arlette Laguiller :(non indiqué)

Corinne Lepage :

1000/jours

Alain Madelin :

3500/jours

Noël Mamère :

(non indiqué)

Bruno Mégret :

4000/jours

J-M. Le Pen :

Entre 5.000 et 10.000/jours

Parti Socialiste :

1.100/jours

2002 pour la France :

2000/jours

Vote blanc :

(non indiqué)

 

Par Jean-Philippe BAY le 30 janvier 2002 à 09:51
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