Cybersurveillance : les messageries instantanées aussi

Par Jean-Philippe BAY, le 17 avril 2002 à 18h28 , mis à jour le 16 avril 2002 à 18h30

Après les e-mails, les entreprises américaines se mettent à surveiller les messageries instantanées. Une pratique justifiée par de récents scandales.

icq © INTERNE

Quelle ne fut pas la surprise des employés de Sonalysts une société américaine de développement de logiciels lorsqu'on leur annonça que leur messagerie instantanée était surveillée. Leurs responsables ne se sont pas privés de commenter les conversations enregistrées en indiquant à leurs salariés que ce système de communication était souvent le lieu de divulgation de secrets professionnels à des personnes extérieures à l'entreprise.

Selon le New York Times qui révèle l'affaire, un nombre croissant de sociétés ont récemment fait l'acquisition de logiciels pour enregistrer l'activité de ces messageries instantanées.
Dans un récent rapport, un analyste de Gartner Group expliquait que la faute en incombait aux éditeurs de ces logiciels de messagerie qui n'avaient pas laissé les moyens de contrôler ces applications aux gestionnaires informatiques.

Les sociétés qui ont choisi de conserver ce type de service pour leurs employés se tournent donc de plus en plus vers des systèmes (Lotus SameTime, Communicatir Hub) qui permettent un contrôle permanent par les responsables informatiques. A tel point que Microsoft a annoncé que son prochain Microsoft Messenger intégrera un outil d'archivage des messages.

Ce genre de pratiques n'a pas encore eu de répercussions au niveau légal : la Securities and exchange commission, chargée de ce type de question, n'a fait aucune recommandation quant au statut des messageries instantanées. Il faut dire que plusieurs affaires autour de messages répercutés aux quatre coins d'Internet ont secoué certaines sociétés. L'été dernier PeopleSoft a vu la cote de ses actions perdre 27%. La société a expliqué que ces turbulences venaient d'un message envoyé par un de ses collaborateurs par une messagerie instantanée.

En France, la CNIL a publié des recommandations qui empêchent, dans le cadre d'une entreprise, tout enregistrement d'un support électronique comportant des données privées sans avoir au préalable prévenu les salariés.

Par Jean-Philippe BAY le 17 avril 2002 à 18:28
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