© INTERNEApple : 4% du parc informatique mondial, une clientèle confinée dans des niches (graphisme, édition, diffusion vidéo…), une offre logicielle bien faible face à l'imposant Windows… On a longtemps eu l'impression que la firme s'était résignée, acceptant avec fatalisme cette situation. Il y avait certes eu la révolution du premier iMac, qui l'avait sauvé de la débacle en séduisant un nouveau public. Mais malgré cette innovation, dominait le sentiment qu'Apple ne faisait pas trop d'efforts pour sortir de sa bulle.
Les choses ont changé avec MacOS X, son nouveau système d'exploitation. Les annonces des derniers mois, et plus particulèrement celle de Xserver mardi dernier, tendent à confirmer une tendance : Apple veut s'ouvrir à de nouveaux marchés, et montrer que ses produits sont moins "fermés" qu'auparavant.
A petit pas sur le marché des serveurs
Mardi dernier, un Steve Jobs "humble" a présenté Xserve, un serveur d'entreprise tournant sous MacOS X serveur. Si la tête pensante d'Apple a voulu, chose rare, faire preuve d'humilité, c'est qu'il sait la marché risqué. La firme à la pomme n'a en effet jamais réussi à faire ses preuves dans ce secteur, dominé par Microsoft et nombre d'autres acteurs de poids (Dell, IBM, Hewlett Packard). La partie risque d'être serrée, mais Apple a beaucoup à y gagner.
Xserver a de nombreux avantages : puissant, à un coût raisonnable, peu encombrant, tournant sous un système Unix, il peut trouver un public dans de nombreuses entreprises. Mais surtout, c'est un serveur Apple : comme l'explique un journaliste de ZDNet US, nombre d'entreprises ou d'universités n'avaient pas acheté de Macintosh, faute d'un serveur à même de soutenir leur réseau informatique. Enorme lacune, enfin comblée.
Une pomme plus ouverte
Apple s'attaque donc à un nouveau marché. C'est la dernière étape en date d'une ouverture croissante à de nouveaux secteurs et de nouveaux clients. En lançant l'an dernier Mac OSX, système d'exploitation tournant sous Unix, la firme avait entamé ce processus. Depuis, les annonces, les nouveautés matérielles et logicielles se succèdent : Apple insiste sur la souplesse d'emploi de ses ordinateurs face au nouveaux outils de l'ère numérique, n'a de cesse de vanter l'extension de son parc logiciel, répète a qui veut l'entendre qu'avoir un Mac n'est pas être isolé face à l'hégémonie Microsoft. Comme si la compagnie avait enfin compris qu'il lui fallait pousser vers l'extérieur si elle voulait grandir.
On sent d'ailleurs que Steve Jobs s'est fixé quelques objectifs qu'il remplit peu à peu. Avec
l'iPod, il a innové sur les périphériques. Avec l'iMac, sur la forme même de l'ordinateur. Il se lance sur le marché des serveurs, déclenche avec l'eMac une nouvelle offensive sur celui de l'éducation, réintroduit discrètement la reconnaissance d'écriture manuscrite dans son sytème d'exploitation. A défaut de l'hégémonie, il semble vouloir conjuguer au mieux pluralité et universalité de ses produits. Une seule chose est sûre : c'est un travail de longue haleine.A lire chez nos confrères de Vnunet, l'interview du DG France d'Apple
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