© INTERNELes organisateurs eux-mêmes sont impressionnés : malgré le soleil à l'extérieur, le sous-sol du centre Pompidou est bondé. Les salles de conférence sont toutes complètes et dans le hall, les visiteurs sont nombreux à se regrouper autour des ordinateurs. Guylaine Monnier, à l'origine du festival, reconnaît qu'elle est un peu dépassée par le succès de son initiative : "nous n'avons même plus de programmes à distribuer…", sourit-elle.
Ne pas vanter le logiciel, mais la création qu'il suscite
Le Flash Festival, dont c'était samedi la première édition, célébrait le sursaut de créativité suscité par un logiciel qui a conqui le Web en quelques années : Flash, de l'éditeur Macromedia. "Mais attention", prévient Guylaine Monnier, "il ne s'agit pas d'une journée à la gloire d'un logiciel. Nous voulons surtout mettre en avant des créateurs, et faire partager une passion pour les contenus interactifs. Seulement, Flash est quasiment seul sur son créneau, et il s'impose de fait", regrette-t-elle.
L'impression "qu'il a toujours été là"
Les fFestivals de ce genre sont foison, mais il n'en existait pas encore en France, et le dynamisme hexagonal en la matière méritait, selon elle, d'être encouragé. Pour ce faire, le festival organisait d'abord une série de conférences portant sur l'historique, les perspectives et les dérivés possible de cette technologie qui a permis d'insuffler un peu de vie au Web. Force est de constater, à écouter la plupart des intervenants, que Flash a bouleversé l'Internet en profondeur. Bruno Samper, de Panoplie-org, explique ainsi que Flash, qui était au départ un outil graphique, est "en passe d'absorber toutes les cultures, tous les métiers du web", du graphiste au développeur. Un autre intervenant constatait qu'à son arrivée en 1997, ce logiciel a "offert un côté fun au Web. Enthousiasmé, on se l'est tout de suite approprié. Maintenant, on a l'impression qu'il a toujours été là".
Moins que le logiciel en lui-même, ce sont ses applications qui continuent d'enthousiasmer un grand nombre de personnes. Il suffisait, pour s'en convaincre, de voir l'agitation qui régnait dans le hall, où avait été organisé un concours de créations en live. Jeunes talents et créateurs reconnus s'y affrontaient par équipe de trois, chacune devant composer en une journée une animation interactive sur le thème. Autour des participants, concentrés sur leurs machines, de nombreux badauds ou débutants, pouvaient ainsi assister à la naissance d'un projet.
Pas encore optimisé
Jordan fait partie des participants. Sélectionné comme jeune talent, il affronte des "flasheurs" aussi connus que les Chman ou MegaloStudio. Ancien étudiant en Arts appliqués, il s'est formé en autodidacte, et estime que le "Flash a ouvert de nombreuses perspectives". Le festival est pour lui l'occasion "d'apprendre", mais aussi de se faire des contacts et de trouver un emploi dans cet univers qu'il a décidé d'investir.
L'engouement pour cette technologie tient à ce que Flash "a été essentiel dans la développement de l'Internet comme un nouveau média", estime Bruno Samper. "Il a imposé l'interactivité, sans laquelle le Web n'est qu'une pâle copie de médias existants", poursuit-il. Mais il reste encore beaucoup de travail pour que le "plurimédia" et l'interactivité soit bien exploités et pensés. Guyliane Monnier confirme : les applications actuelles sont prometteuses, "mais on est loin d'un bon développement. Peu de sites savent exploiter Flash au mieux pour les rendre plus pratiques, agréables et conviviaux. L'utilisation du Flash est peut-être encore trop démonstrative", estime-t-elle : "le but, en fait, est qu'il passe inaperçu".
Le site du festival
Retour MYTF1





