En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

La "vrai" fin de Napster

Edité par
le 17 mai 2002 à 09h47 , mis à jour le 17 mai 2002 à 16h07.
Temps de lecture
3min
napster closed

Crédits : INTERNE

A lire aussi
High-TechLa "killer application" du Web musical vit ses dernières heures. Après la démission de ses fondateurs, les 70 employés vont attendre encore une semaine un hypothétique repreneur fortuné.

Le site Napster, ancienne coqueluche de l'Internet et bête noire des grandes maisons de disques, s'apprête à jeter définitivement l'éponge. Après plusieurs mois d'inactivité, et malgré des dettes grandissantes, la direction a refusé les dernières propositions de rachat de Bertelsmann et les démissions se sont succédées. Mardi, le site avait annoncé la démission de son PDG Konrad Hilbers. Son fondateur Shawn Fanning, directeur technique de Napster, a également quitté la société, ainsi que quatre autres responsables.

Le rachat de Napster par Bertelsmann "aurait permis à long terme de garder les actifs de la société, y compris ses employés", a écrit Konrad Hilbers dans un mémo aux employés du site, obtenu par l'AFP. "Je suis convaincu que c'est une erreur de ne pas accepter l'offre et que cela va mettre la société dans une situation dans laquelle je ne veux pas l'emmener", a ajouté M. Hilbers, ancien responsable de Bertelsmann.
Selon le magazine Wired, la direction de Napster aurait proposé deux alternatives à ses 70 employés : partir immédiatement en recevant le solde de leur paye ou rester une semaine supplémentaire sans être payé en attendant qu'une grande compagnie les sauve de la faillite.

Une mort annoncée

L'histoire de Napster était prévisible. En ayant mis en place un serveur central recensant l'ensemble des fichiers musicaux apportés par les internautes, les auteurs de ce logiciel ne pouvaient pas éviter les foudres des maisons de disques. En juillet 2001, après un procès pour violation des droits d'auteurs, le site était obligé de fermer son service d'échanges. Napster s'est ensuite consacré au lancement d'un service par abonnement payant, une forme de business très difficilement exploitable sur un Web qui avec la fermeture de Napster, s'est immédiatement rempli de services similaires et gratuits (mais sans serveur central). À l'exception de Bertelsmann, auquel il est lié par un accord de partenariat depuis la fin 2000, les dirigeants de Napster n'ont pas réussi à convaincre les autres maisons de disques de la faisabilité de leur système payant.

Le double jeu des majors

Napster n'est pas seulement mort d'un jugement et d'une concurrence des services gratuits. Le logiciel d'échanges a été victime du double jeu des maisons de disques. En ne proposant aucun terrain d'entente autre que le rachat, les maisons de disques condamnaient Napster à disparaître. En même temps qu'elles se déclaraient réticentes à utiliser le Web pour distribuer de la musique, les majors ont développé des systèmes concurrents, oubliant les 80 millions d'utilisateurs rassemblés autour de la bannière Napster.

Le résultat est celui que l'on connaît : des nouveaux services payants totalement délaissés sur des sites presque inconnus du grand public et des consommateurs qui se sont tournés vers des systèmes gratuits bien plus difficiles à attaquer juridiquement.

En début d'après midi, le site de Napster n'était plus accessible.

Commenter cet article

      Nous suivre :
      Une heure de tranquillité : un extrait exclusif du film avec Christian Clavier

      Une heure de tranquillité : un extrait exclusif du film avec Christian Clavier

      logAudience