© AFPCe ne sont pour l'instant que des soupçons, mais les divers témoignages recueillis par Salon.com et le Los Angeles Times sont assez troublants pour s'imaginer qu'ils sont fondés. Alors qu'ils cherchaient à télécharger des MP3 du dernier album d'Eminem, plusieurs habitués des réseaux peer to peer déclarent être tombés sur des versions corrompues de ces morceaux. Présentés comme les bonnes versions, quelquefois accompagnés de la mention "real song", ces MP3 passaient en boucle dix secondes d'un morceau, ou alternaient 10 secondes de silence avec dix secondes de musique, assez longtemps pour que la taille du fichier ne soit pas un indice.
Contactée par les deux rédactions, Interscope, la maison de disques d'Eminem, n'a pas désiré confirmer ces soupçons. Mais le seul précédent recensé jusqu'ici concernait No Doubt, groupe signé lui aussi chez Interscope.
De telles pratiques auraient de nombreuses vertus pour les maisons de disques : elles pourraient décourager certains utilisateurs des réseaux pirates (voire les encourager à acheter le CD), rendre les sites officiels de musique en ligne plus conviviaux et simples aux yeux de certains internautes, et faire une publicité peu coûteuse pour leurs artistes.
Il s'agirait là d'une attaque plus perverse et maline et surtout moins onéreuse des réseaux de peer to peer, contre lesquelles les maisons de disques dépensent des millions en frais d'avocats. Mais la portée de telles techniques reste limitée, à moins de s'y investir pleinement. A moins, surtout, de les assortir d'une réelle amélioration de leurs propres services de musique en ligne.
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