© INTERNEDepuis le début de l’année, les éditeurs d’antivirus manquent cruellement de virus innovants et méchants pour faire la promotion de leurs produits. Alors quand un virus un peu original fait son apparition sur la scène virale, on hésite pas à alerter tous le monde oubliant qu’à force de crier au loup…
W32.Perrun.dr est un virus qui infecte toutes les images en jpeg. Ce mode de contamination n’est en fait actif que si l’ordinateur a été préalablement touché par l’autre partie du virus qui lira alors toutes les images de ce type.
Autre caractéristique qui confine ce virus à l’anecdote, W32/Perrun est un spécimen de laboratoire : il a été envoyé par son auteur aux éditeurs d’antivirus pour leur montrer un nouveau type d’infection virale. Malheureusement pour lui, il rate la palme du premier virus de ce genre puisqu’en 1994, un virus avait été inséré dans un champ texte mal géré par les lecteurs d’images jpeg. Enfin, Perrun n’a pas la capacité de se répliquer d’un ordinateur à un autre. Il se contente de se rajouter aux images présentes sur le contaminé.
On est donc loin d’un virus malfaisant touchant les images jpeg sans autre artifice, ce qui serait évidemment une nouvelle catastrophique pour le Web où tous les sites utilisent ce format.
Manque d'éducation
A ce jour l’activité virale 2002 n’a pas connu de crise comme celle induite par l’arrivée de Nimda ou de la Love letter. Bien entendu, Klez a apporté son lot d’e-mails envoyés aux quatre coins du Web mais il repose sur une programmation ancienne (attaque en passant par Outlook) et une méconnaissance des règles élémentaires de la part des utilisateurs du Web. C’est sur cet aspect que devrait se concentrer le discours des éditeurs d’antivirus : lorsqu’on possède un logiciel, il faut prendre le réflexe de le mettre à jour régulièrement. Un correctif existe (ici) pour Outlook empêchant l’arrivée de la majorité des virus se répandant par e-mails.
La fin des antivirus ?
Faut il en conclure au " début de la fin " pour les antivirus ? Outre la technologie virale stagnante, il ne faut pas oublier que contrairement aux années précédentes, les auteurs de virus qui ont rencontré du succès ont été très souvent appréhendés par la justice (c'est le cas des auteurs du virus Melissa, Anna Kournikova, I Love You, Nimda...). Les programmeurs tentés par la diffusion de leur réalisation réfléchissent peut-être un peu plus face aux condamnations qui ont été infligées.
Autre signe qui pourrait signifier une baisse de l’activité virale : les rumeurs concernant l’arrivée d’un antivirus en standard dans Windows. Si la nouvelle se confirmait, il resterait peu de légitimité à la dizaine d’acteurs qui se partagent ce marché et la propagation des virus n’aurait plus du tout l’ampleur qu’elle a prise entre 1999 et 2001.
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