© INTERNEDu serpent sur un téléphone portable au jeu en réseau dans un cybercafé, les jeux vidéos de toute sorte sont interdits en Grèce. Tout joueur, qu'il soit surpris chez lui ou dans un lieu public, risque une amende de 5.000 à 75.000 euros, et une peine d'emprisonnement allant d'un à douze mois.
Mobilisation des joueurs
Une loi a été votée à la fin du mois de juillet dernier, qui interdit "l'installation et l'utilisation de tout jeu, qu'il soit de type électromécanique, électrique ou électronique, dans les endroits publics tels que les hôtels, les cafétérias, les sièges d'associations, ainsi que dans tout lieu privé". L'information, passée presque inaperçue dans les médias, a aussitôt mobilisé la communauté des joueurs du pays. Une pétition a été lancée, qui a déjà réuni plus de 12.000 signatures. Deux journalistes de ZDnet Londres ont les premiers écrit un article sur le sujet.
L'information nous a été confirmée par l'ambassade de Grèce à Paris, qui a précisé que des opérations de police avaient déjà eu lieu dans le pays afin de veiller à l'application de cette loi. Dès le 30 juillet 2002, le quotidien grec Kathimerini expliquait que "la police et la brigade du crime avaient lancé plusieurs opérations afin de vérifier que la récente législation était observée dans les différents lieux publics du pays".
Loi précipitée pour couvrir des scandales ?
Cette loi est née en février dernier, alors que de nombreux scandales avaient mis au grand jour les liens entre certains politiques grecs et le monde des jeux illégaux, ces derniers étant très répandus dans le pays. Dans ce que le quotidien anglophone Athens News décrit comme un "mouvement de panique", le ministre de l'Intérieur avait alors annoncé travailler à un nouveau projet de loi : "la décision que nous prendrons est assez simple, elle touchera tous les jeux électroniques… dans tous les lieux publics", avait-il déclaré.
Peu imaginaient que la loi en question serait aussi radicale, y compris le quotidien Kathimerini, qui expliquait alors qu'un "bannissement draconien serait inapplicable, resterait lettre morte, et ternirait l'image des gouvernants". "Nous devrions plutôt accepter le fait que nous n'avons pas réussi à mettre en place des mesures plus douces, comme une limite d'âge dans les salles d'arcade, la réduction du nombre de salles d'arcades, ou un contrôle plus pointu des machines à sous", expliquait alors le journal. C'est visiblement raté.
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