© INTERNEFin juillet, un projet de loi, à l'origine rédigé pour lutter contre les jeux de hasard et la corruption qui les entouraient,
interdisait de fait tous les jeux à l'exception des "jeux mécaniques dépendant de la seule habileté du joueur". Les jeux électroniques et vidéo de toutes sortes, quel que soit leur support ou leur mode de fonctionnement, étaient de fait interdits par cette loi. Celle-ci demandait également aux cybercafés de prouver qu'ils ne laissaient pas accès aux jeux pour pouvoir exercer. Aujourd'hui, ces établissements sont les premières victimes de cette loi.Anticonstitutionnelle, mais...
Début septembre, deux gérants de cybercafés étaient jugés par une cour de Thessalonique pour avoir laissé leurs clients jouer à Counter Strike. Le juge ayant déclaré que la loi était anticonstitutionnelle, les joueurs grecs pensaient pouvoir se réveiller de ce cauchemar. D'autant plus qu'un autre tribunal avait confirmé ce jugement lors d'un procès similaire, quelques jours plus tard.
Mais les joueurs ne sont apparemment pas au bout de leurs peines. Ces derniers jours, la police est intervenue dans les cybercafés de plusieurs villes grecques pour y saisir le matériel informatique et interpeller leurs gérants et employés. Selon le correspondant de la BBC à Athènes, quatre personnes ont été arrêtées à Serres, six autres à Orestiada et une dernière à Larissa. "La police se conduit comme des taliban", dénonce Christos Iordanidis, un propriétaire de cybercafé en attente d'un nouveau procès : "ils ferment les établissements, saisissent le matériel qui nous appartient et empêchent les gens de s'amuser".
Lenteur volontaire et volonté politique
L'opposition est massive. Près de 20.000 personnes ont signé une pétition en ligne. Plusieurs producteurs de jeux vidéos se sont joints aux contestataires pour intervenir auprès de la Commission européenne. Mais la machine juridique grecque est lourde : "le procureur est passé outre la procédure", explique Christos Iordanidis. "Il va annoncer le procès pour une date lointaine. D'ici là, les propriétaires de cybercafés dont les ordinateurs ont été saisis seront ruinés".
Les politiques à l'origine du texte semblent aussi peu scrupuleux. Le dirigeant grec de JVH, un important éditeur de jeux vidéos, expliquait ainsi à la BBC que "la loi a été décidée pour des raisons purement politiques. J'ai rencontré le ministre grec des Finances, Apostolos Fotiadis, qui soutient ce texte : il m'a dit savoir que la loi n'était pas correcte, mais qu'elle relevait d'une décision politique, et qu'ils ne se plieraient pas aux lois européennes".
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