© INTERNEOn attendait beaucoup du Festival numérique de la Villette, appelé à combler un manque évident en France, à l'heure où de nombreuses autres villes européennes organisent des manifestations ambitieuses en l'honneur du mariage de l'art et des processeurs. On avait peur, également, après que le budget de l'événement fut divisé par 5 au printemps dernier. Après deux jours passés sur le site de la Villette, on n'est, il faut l'avouer, qu'à demi-comblé.
Dispersion
La pléthore d'expositions, d'installations, de conférences, et autres projections annoncées sur le papier sont bien là : entre la Grande halle et la Cité des Sciences et de l'industrie, il y a de quoi faire. Mais le tout donne un léger sentiment de dispersion. Surtout dans la Grande Halle, si vaste qu'on retient surtout le vide entre les différentes installations.
L'une d'elle vaut en revanche largement le coup d'œil : Granular Synthesis 360, une œuvre qui installe les spectateurs au centre d'une large arène d'écrans et les bombarde d'images stroboscopiques et de sons pulsatoires en infra-basses : déconseillé aux âmes sensibles, il donne la délicieuse impression de vivre l'expérience psychédélique de l'astronaute de 2001, Odyssée de l'espace.
La salle de jeux : décevante
Autre expérience intéressante, Sonic Interface : on vous met un sac contenant un portable sur le dos, un casque sur les oreilles. Durant les dix minutes de l'expérience, tous les sons enregistrés par le micro, de votre voix aux conversations environnantes, seront enregistrés, répétés, hachés, accumulés. Expérience intense, elle est fortement recommandée (attention : il faut réserver à l'avance, seuls deux portables sont disponibles).
Playtime, exposition sur les jeux vidéos, est placée entre les deux grandes installations de la Grande Halle. Elle pourra décevoir les visiteurs les plus pointus, mais elle permet de faire le lien entre l’informatique ludique vécue au quotidien et la création numérique. D’un côté des PC branchés sur Counter Stike et des consoles actuelles, on trouve des machines datant de la préhistoire du jeu vidéo. De l’autre, des œuvres d’artistes explorant cet univers plus riche qu’il y paraît. Une manière efficace de mettre en perspective des jeux vidéos trop longtemps décriés, et de permettre une introduction tout en douceur à une création numérique parfois difficile d'accès."
Vaut tout de même le détourOn aura quelques réserves également sur Digit'Art, l'exposition d'art digital montrée à la Cité des Sciences. Si certaines œuvres sont réjouissantes, originales, ludiques et interactives (comme celle où, dans un couloir, des larbins numériques essuient le sol derrière votre passage), beaucoup sont hésitantes, peu originales, ne montrant rien de nouveau ni de vraiment percutant. On ne trouve ainsi que peu d'intérêt à un programme permettant à une cycliste se promener dans des rues en 3D mal réalisées....
Toutes ces réserves ne doivent cependant pas vous décourager d'aller passer quelques heures, ce week-end, au Festival Numérique : si tout n'est pas réussi, de nombreuses œuvres, même noyées dans l'ensemble, valent vraiment le coup d'œil. Ajoutez à cela une très riche programmation de films numériques projetés dans la Grande halle (payantes à l'origine, ces projections sont en fait gratuites, comme le reste), vous trouverez certainement de quoi être comblés.
Nuits Electro réussies
Et si vous désirez y rester jusqu'à l'aube, les Nuits Electriques réussisent avec Brio à transformer le vaste espace froid qu'est la Grande Halle en une gigantesque boîte de nuit à l'ambiance survoltée et à la programmation impeccable. L'une des réussites de ce Festival, dont on attend beaucoup plus pour sa prachaine édition, en 2004.
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