© INTERNELa casting est imposant : Britney Spears, Luciano Pavarotti, Elton John, Sheryl Crow, Missy Elliott, Stevie Wonder, Eminem, Madonna, Marylin Manson… En tout, 90 artistes, représentant tous les genres musicaux. Tous ont été enrôlés dans la nouvelle offensive de l'industrie musicale contre le piratage. Une vaste campagne de pub, qui sera lancée aux Etats-Unis dans les semaines qui viennent, et dans laquelle ces stars demandent poliment aux internautes de ne plus pirater leur musique.
"Dites non au piratage !"
Britney Spears y explique ainsi que pirater un morceau est aussi mal que de voler un CD dans un magasin, tandis que Shakira reformule le célèbre "Say no to drugs !" ("Dites non aux drogues") en "Say no to piracy !" ("Dites non au piratage !!").
Cette campagne a été lancée par
Musicunited.org, site qui regroupe la RIAA (le syndicat des maisons de disques américaines) et d'autres organisations musicales. Le site mélange la pédagogie et la menace pour faire comprendre aux jeunes et à leurs parents à quel point le piratage est nuisible.Pédagogie menaçante
Une rubrique explique que les logiciels de peer-to-peer sont néfastes et pervers et explique comment les désinstaller ou y interdire le partage de fichiers. Dans une autre, le site explique que le piratage "menace les emplois de milliers de personnes, du chanteur au vendeur de magasin de disques". Une rubrique destinée aux parents explique que "pendant que vous êtes en train de regarder la télévision, pensant que votre enfant étudie tranquillement, celui-ci se prête peut-être à des activités illégales qui pourraient vous conduire au tribunal".
Enfin, une délicieuse revue de presse pointe vers une série d'articles soulignant les méfaits du piratage : aucune mention n'est faite, en revanche, des articles beaucoup plus nombreux qui, sans pour autant encourager le piratage, réfléchissent aux erreurs faites par l'industrie musicale ces dernières années.
Bataille vaine et coûteuse
Car cette nouvelle tentative n'est qu'en apparence moins agressive que les précédentes (attaques en justice, lobbying intense). Et elle confirme que les majors refusent toujours de prendre un peu de recul sur ce qui leur arrive.
Une étude américaine, faite par le cabinet KPMG, expliquait récemment que la bataille menée par ces dernières était vaine et coûteuse : elles ont consacré des millions de dollars à combattre les pirates plutôt qu'à chercher une alternative viable aux échanges illégaux de fichiers. Preuve en est la rubrique "Legal Music" du site, qui ne propose que des solutions (telles Pressplay ou MusicNet) sanctionnées par le public pour leurs limites et leur lourdeur.
Cette campagne mi-implorante, mi-Père Fouttard aura-t-elle un effet ? Il est permis d'en douter. Dans un
sondage mis en ligne par le très sérieux magazine Billboard, 64% des 3.000 sondés ont coché : "les larmoiements de multimillionaires gâtés ne m'empêcheront pas de télécharger".
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