Le jeu vidéo français appelle à l'aide

Par C.A., le 02 novembre 2002 à 22h11 , mis à jour le 31 octobre 2002 à 22h18

En plein marasme, l'industrie du jeu vidéo se plaint notamment de ne pas bénéficier de la reconnaissance à laquelle elle pense avoir droit. Ses acteurs en appellent aux pouvoirs publics pour les sortir d'une période périlleuse.

logo de kalisto © INTERNE

"Toutes les trois semaines depuis plus d'un an, une société du secteur a été contrainte de déposer son bilan et plusieurs milliers d'emplois sont menacés. Des sociétés pionnières sont d'ores et déjà mortes dans une indifférence presque totale et, si rien n'est fait dans les semaines qui viennent, d'autres vont suivre inexorablement jusqu'à l'extinction de cette voix originale de la créativité française". Par ce constat, extrait d'une déclaration de quatre pages, l'industrie du jeu vidéo française lance un appel à l'aide à l'Etat : elle estime que face à une situation déplorable, seules des mesures publiques peuvent sauver ce secteur autrefois florissant.

Création "au sens noble du terme"

Kalisto, Infogrames, Cryo sont les exemples le plus célèbres du marasme dans lequel se trouve le jeu vidéo français, particulièrement touché par un ralentissement du marché au niveau mondial. L'industrie entière a donc décidé de tenter le tout pour le tout. Par ce message, elle compte faire prendre conscience de la situation, et s'attaquer à ce qu'elle considère comme une raison majeure de ses soucis : le manque de reconnaissance de ce secteur.

"L'identité avant tout créative du jeu vidéo n'est pas souvent reconnue en France. On le traite souvent comme un vain divertissement (…) mais il s'agit au contraire d'une véritable création au sens le plus noble du terme", peut-on lire dans la déclaration. L'industrie française du jeu vidéo réclame donc un traitement équivalent à celui dont bénéficient d'autres secteurs de création comme la musique ou le cinéma. Ses acteurs s'étonnent ainsi que les jeux vidéos ne profitent pas de la rémunération sur la copie privée, alors que "les études montrent que 30% des CD vierges servent à copier des jeux vidéos". Ils aimeraient aussi être associés à la lutte pour la baisse de la TVA à 5,5% sur les produits culturels.

Mesures financières

Non seulement son potentiel créatif, mais aussi son importance économique, explique la lettre, justifieraient donc "que le jeu vidéo soit traité de la même manière et accède à des droits et traitements économiques équivalents" à ceux dont profitent les autres secteurs créatifs. L'industrie aimerait donc que les pouvoirs publics s'intéressent à elle, et leur suggère quelques mesures : une reconnaissance comme vecteur de propagation de la création, la mise en place d'un statut spécifique pour ses auteurs, ainsi que des mesures financières incitatives et protectrices.

Les signataires de la lettre comptent multiplier les actions pour se faire entendre. Mais au moment où le cinéma lui-même voit son système de financement vaciller, on peut craindre que cette déclaration ne" soit qu'une bouteille à la mer. Espérons le contraire : en matière de jeu vidéo, les Français ont su faire preuve d'un dynamisme et d'un savoir faire qu'il serait dommage de voir s'éteindre.

Illustration : logo de Kalisto, éditeur de jeu mis en liquidation financière

Par C.A. le 02 novembre 2002 à 22:11
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