© INTERNEComme tous les pays, la Corée du Nord a eu droit à son extension de domaine (.kp). Seulement, celle-ci n’est pas utilisée. Aucun site n’a été enregistré sous cette extension, et pour cause : Internet est quasi inexistant dans le pays de Kim Jong Il. Aucune donnée n’est disponible sur le nombre de foyers coréens possédant un ordinateur . Une dépêche AFP datant de la fin août 2002 expliquait que l'e-mail commençait à peine à s’y développer et qu’Internet était disponible dans "quelques bureaux gouvernementaux".
Un an plus tôt, l’agence américaine AP expliquait que le seul moyen pour se connecter était de passer par les lignes internationales, au prix prohibitif de 2$ par e-mail envoyé. La Corée du Nord a son propre réseau, appelé Kwang Myung (‘léger’), mais il n’est pas relié à l’Internet.
Coréen et Espagnol
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"Je pensais que nous ne communiquions pas assez avec l’Europe et l’Amérique, et qu’un site web permettrait une meilleure compréhension de notre pays", explique-t-il. Alejandro Cao est Espagnol, mais il dit ‘nous’ lorsqu’il parle de la Corée du Nord et parle de Kim Jong Il comme de "notre leader" : "je suis également citoyen coréen, explique-t-il, et consul honoraire de la République populaire de Corée. Je suis en charge des activités diplomatiques, culturelles, commerciales, touristiques du pays en Espagne et je m’occupe des affaires que nos ambassades ne peuvent traiter dans d’autres parties du monde".
Une version en Esperanto
Seul, il gère donc un site à vocation internationale, si bien que parmi les langues proposées, si l’on ne trouve pas le Coréen, on peut cependant accéder à la version ‘esperanto‘ du site. "Nous avons eu plus de 3 millions de visites, 30% en provenance des Etats-Unis, 40% d’Europe et 20% de Chine", explique Alejandro Cao, qui ajoute que son site "est le seul site officiel sur la Corée du Nord, "si l’on oublie le site de l’agence de presse officielle, enregistré… au Japon.
Pourquoi n’est-il pas enregistré en Corée ? "Parce que les serveurs à l’étranger sont beaucoup plus rapides", affirme Alejandro Cao, qui ajoute que "l’extension de domaine sera utilisée dès que nos serveurs seront mis en place. Nous avons cependant notre prore Internet, et des écoles apprennent à gérer les réseaux".
"Ni pauvre, ni sans-abri"
Le site korea-drp.com est sommaire. A peine plus important que celui d’une sous-préfecture française. On peut y télécharger des mp3 de chants traditionnels ("Le Dimanche du Général", "Levez vos armes pour saluer le Commandeur Suprême") et quelques vidéos. On y trouve aussi les bibliographies de Kim Il Sung et Kim Jong Il, des timbres à leur effigie à commander.
On y lit aussi, entre autres, que le gouvernement fournit un appartement gratuit à chaque famille, "si bien qu’il n’y a ni pauvre ni sans-abri en Corée du Nord". Ou qu’en Corée du Sud, le frère ennemi, "on risque la peine de mort si l’on parle de la République Populaire de Corée" (sic).
Ce site, qui permet "de mieux comprendre la Corée du Nord" est de plus en plus visité, selon Alejandro Cao : "L’actualité autour de notre pays est telle ces jours-ci que les sites médias nous amènent beaucoup de visiteurs, curieux de savoir à quoi ressemble la République populaire de Corée". On aurait volontiers imaginé publicité moins sinistre.
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