© INTERNELa visite de l'Empereur allemand à Bruxelles en 1910, les femmes prenant le relais des hommes au début de la Seconde guerre mondiale, Gainsbourg interrogé par Birkin à la sortie de Melody Nelson, les émeutes de 1934, la mode des années 50… Autant de sujets traités, parmi des milliers d'autres, par les Actualités Gaumont entre 1910 et 1980. En tout, 6.000 heures de documents filmés précieusement conservés, restaurés et numérisés par la Cinémathèque Gaumont, qui les rend peu à peu disponibles à la visualisation sur Internet.
Pionnier
"L'idée germait depuis plus de quatre ans, mais nous avons commencé la mise en ligne en mars 2001", explique Manuela Padoan, directrice de la Cinémathèque Gaumont. "1.500 heures sont déjà disponibles à la visualisation, il nous faudra encore cinq ans pour mettre en ligne la totalité de nos archives", ajoute-t-elle. La tâche est colossale, même si une grande partie des archives est depuis longtemps restaurée et numérisée. Gaumont a été le pionnier en la matière.
La totalité des fiches, illustrées de photos, est d'ores et déjà consultable et en libre accès. Mais la consultation des films reste en accès restreint : les chercheurs et les clients potentiels peuvent obtenir un mot de passe sur demande. "Nous ne pouvions ouvrir l'accès à tout le monde. Il nous aurait pour cela fallu augmenter considérablement nos capacités de débit, et cela serait revenu trop cher. Nous nous auto-finançons avec la vente de nos droits".
Vitrine et laboratoire
C'est d'ailleurs dans cette optique que la mise en ligne a été lancée : "C'est une vitrine extraordinaire", explique Manuela Padoan, "surtout pour nos clients potentiels à l'étranger". La vente d'archives étant la seule ressource de la Cinémathèque, il était important de la protéger contre de possibles utilisations frauduleuses : elles sont donc diffusées en format Real Player, et la Cinémathèque y a incrusté le timecode et le logo Gaumont.
Si l'initiative est couronnée de succès, elle pourrait donner des idées à la division fiction de Gaumont, qui pourrait se lancer à son tour dans la diffusion de films sur Internet. "Nous leur servons en quelque sorte de laboratoire", conclut Manuela Padoan.
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