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Microsoft surfe sur la vague anti-copie

Edité par avec
le 20 janvier 2003 à 18h21 , mis à jour le 21 janvier 2003 à 18h00.
Temps de lecture
5min
Graveur de Cds avec CDs

Crédits : INTERNE

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High-TechAlors que la piraterie obsède les participants au Midem 2003, Microsoft a annoncé le lancement d’un logiciel permettant de lutter efficacement contre la copie de CD.

Au MidemNet, on ne parle que de ça : les CD copiés, les réseaux de peer-to-peer, les ados qui téléchargent des fichiers par millions et érodent ainsi le chiffre d’affaires de l’industrie musicale. Une industrie musicale qui s’est montrée, dimanche, plus déterminée que jamais à lutter contre ce qu’elle dénonce comme un fléau. La guerre est officiellement déclarée, les majors fourbissent leurs armes.

Faire payer les FAI ?

Hilary Rosen, présidente de la RIAA (le syndicat américain de l’industrie musicale) a ainsi affirmé qu’il fallait "être plus agressif" avant de proposer que les fournisseurs d’accès à Internet payent une licence légale. Cela permettrait de les rendre plus responsables vis à vis de la piraterie.

Microsoft a une solution

LE DISQUE FRANÇAIS EVITE LE MARASME

Le marché français du disque a enregistré en 2002 une augmentation de 4,4% en valeur et 3,3 % en volume, selon les statistiques annuelles du SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique). "La situation française est exceptionnelle même si des difficultés s'annoncent pour l'avenir", a dit Gilles Bressand, président du SNEP.

Microsoft semble vouloir surfer sur cette vague anti-copie : la firme a annoncé ce week-end la sortie de Windows Media Data Session Toolkit, une solution de lutte contre la piraterie. Ce logiciel permet de fabriquer un CD comprenant deux sessions. La première, inviolable, permet d’écouter normalement la musique sur une chaîne Hi-Fi ou un PC. La seconde permet au producteur de décider des droits qu’il octroie à l’utilisateur : elle contiendra des fichiers au format Windows Media Player qui pourront ou non être gravés ou copiés.

Microsoft espère ainsi "apporter la meilleure expérience possible à l’utilisateur tout en respectant les droits". Mais si Microsoft a promis d’adapter dans le futur son outil aux autres plates-formes, il s’assure en attendant un monopole confortable sur un marché prometteur. Les cinq majors se sont déclarées fort intéressées par cette solution, pour laquelle Universal Music a déjà acquis une licence.

La musique en ligne payante en panne d'idées

Si les solutions anti-copie commencent à voir le jour, les lacunes sont en revanche nombreuses du côté de la distribution musicale en ligne. Les dirigeants de PressPlay et Musicnet, deux des principaux services de musique en ligne payante, ont ainsi refusé de fournir leur nombre d’abonnés. Le cabinet Gartner G2 estime pour sa part qu’il faudra encore 6 à 8 ans avant que les consommateurs ne migrent massivement vers de tels services.

Cela n’empêche pas les compagnies de promouvoir fortement leurs solutions : OD2, leader européen de la distribution sécurisée de musique sur Internet, a annoncé lundi qu’elle lancera le 21 mars prochain une "initiative anti-pirate" en permettant aux internautes européens de télécharger gratuitement, pendant une semaine, l’équivalent de 5 euros de musique sur des sites légaux.

Quelques voix discordantes

Au milieu de toutes ces annonces et déclarations, une voix discordante a toutefois réussi à se faire entendre. John Perry Barlow, guitariste du groupe Grateful Dead et co-fondateur de la Electronic Frontier Foundation, a affirmé que les craintes des maisons de disques étaient infondées : " la piraterie sur le Net n’a jamais endigué la vente de CD, c’est au contraire un moyen de promotion de la musique ". "Sans les services d ‘échange gratuits, le marché de la musique aurait connu une situation encore pire", a-t-il ajouté.

Il s'est également opposé aux différents projets de loi visant à légitimer la protection des CD contre la copie. Une position partagée par l'UFC-Que Choisir (voir encadré), mais bien minoritaire dans l'ambiance belliqueuse du Midem.

CONTRE LA "CULPABILISATION DU PUBLIC"

Dans un communiqué diffusé lundi, l'UFC-Que Choisir s'emporte contre "la campagne acharnée de culpabilisation du public" lancée par "le lobby de l'industrie de la Culture pour justifier la limitation des droits du public".
"Affirmer que 230 millions de CD-R vierges vendus en France correspondraient à 230 millions de copies d'œuvres protégées et donc à 230 millions de disques enregistrés qui auraient pu être vendus s'apparente à une manipulation de chiffres", affirme le communiqué, qui explique "qu'un disque sur deux est acheté par une entreprise pour stocker des données".
"Le comportement répréhensible de 3 ou 4% des consommateurs ne justifie pas que l'on restreigne la liberté et les droits de tous les autres". "Que les industriels cessent de trouver en la copie un parfait bouc émissaire !" conclut le communiqué.

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