La mort de la musique et la surtaxe du consommateur

Par C.A., le 24 janvier 2003 à 17h41 , mis à jour le 13 mars 2003 à 20h16

Retrouvez, comme chaque semaine, notre sélection d'articles glanés sur le Web. Aujourd'hui, le déclin annoncé des labels musicaux, les dérives de la copie privée et un ereportage sur les Big Brother Awards.

Revue de Web 2 © INTERNE

Midem oblige, le copyright, les droits d'auteurs, le piratage sont au cœur de l'actualité. L'industrie musicale a décidé d'être plus offensive que jamais dans sa lutte contre la piraterie, et le fait savoir.

La fin des labels ?

Le danger est en effet grand pour les majors : non seulement sont-elles menacées économiquement par l'expansion du piratage, mais elles pourraient perdre leur raison d'être à cause du développement d'Internet et des nouvelles technologies. C'est ce qu'explique en substance un article de Wired Magazine au titre pour le moins définitif : l'année où la musique est morte.

Charles C. Mann s'y pose en Cassandre des labels. Leurs ventes chutent, le piratage augmente, et plus personne ne semble vouloir les soutenir, explique-t-il. Les consommateurs ont le sentiment d'être floués, les artistes n'ont jamais été leurs alliés, les grands groupes préfèrent soutenir les divisions électroniques qui vont pourtant à l'encontre de leurs intérêts en vendant des outils de reproduction de la musique…

"Pour survivre, les labels auront besoin d'amis qu'ils n'ont pas", assène-t-il, "il va leur falloir revoir de fond en comble leurs méthodes, réinventer leur secteur, une tâche terriblement ardue". Comment le groupe Sony peut-il s'intéresser aux plaintes de sa division musique quand la source de ses maux n'est autre que la division électronique du même groupe, qui rapporte deux fois plus d'argent chaque année ? Un nouveau modèle pourrait naître de cette crise, qui pourrait à terme profiter aux musiciens et à leurs fans, espère le journaliste.

Logique inflationniste

Le webzine français uZine profite lui du débat sur la copie privée pour s'en prendre à la "logique inflationniste" des entreprises qui profitent du développement du numérique pour faire payer plusieurs fois le consommateur pour le même produit. Christophe Espern, cofondateur d'EUCD Info y condamne les entreprises comme Sony qui maîtrisent "désormais l'intégralité de la chaîne culturelle, de la création à la reproduction en passant par la production et la distribution". Les dernières directives européennes, encouragées par les lobbies, ne sont pour lui qu'un "cheval de Troie juridique et technique".

Va-t-on en venir à la généralisation de situations où le "consommateur est contraint d'acheter l'œuvre deux fois : une fois pour l'écoute dans un flux numérique et une fois pour la conservation du titre sur son ordinateur" ? En outre, "s'il copie ses œuvres sur les lecteurs mp3, dotés comme il se doit d'une carte mémoire ou d'un disque dur intégré, il paie dès lors la fameuse taxe sur la copie privée". Le rédacteur estime qu'il faudrait de toute urgence revoir la législation "avant que l'accès à l'information ne soit complètement controlé", comme s'en inquiétait récemment un sénateur américain.

Big Brother Awards

Pour dénoncer de telles dérives, les Big Brothers Award restent une institution salutaire. Chaque année, ils 'récompensent' des entreprises ou des personnalités qui bafouent les libertés électroniques. Télérama a suivi la dernière cérémonie de remise des prix. En France, Jack Lang et Xavier Darcos ont été récompensés pour "un logiciel recensant les violences scolaires débouchant sur des statistiques démesurées". "A la remise des prix, les gagnants ont la particularité de tous répondre absents à l’appel", ironise Pierrick Allain.

Par C.A. le 24 janvier 2003 à 17:41
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