Francophobie.com

Par C.A., le 12 février 2003 à 15h50 , mis à jour le 12 février 2003 à 15h51

La position de Jacques Chirac sur la guerre en Irak agace non seulement George W. Bush, mais aussi les éditorialistes américains. Ceux-ci critiquent vertement la France, sans mâcher leur mots. Retrouvez les liens vers ces éditoriaux sévères.

Couverture New York Post © INTERNE

Une image choc, un titre volontiers provocateur, et voilà qu'un tabloïd américain fait parler de lui en France. Le quotidien populaire New York Post affichait lundi sur sa première page une photo des cimetières américains en Normandie et titrait "Sacrifice – Ils sont mort pour la France, mais la France les a oubliés". L'article qui accompagne cette Une est plus féroce encore envers la France : le reporter raconte sa promenade dans ces cimetières, "les larmes aux yeux et la rage au cœur", et explique qu'il voudrait "botter tous les culs de France".

Diatribe excessive

Sa diatribe anti-français, qu'il accuse d'oubli et de lâcheté, devient sinistre et involontairement comique lorsqu'il affirme que "les Français ont la manie d'être contre tout, même contre cette curieuse habitude américaine de pendre une douche par jour". Ou pire encore, lorsqu'il rapporte cette confession d'une étudiante américaine croisée en Normandie : "on m'a conseillé, si je me sentais menacée, de dire que j'étais Canadienne plutôt qu'Américaine".

Dans le Washington Times, autre tabloïd américain, un ancien Béret vert explique pour sa part que la France "ne devrait plus être traitée comme un allié". Ce n'est pas un mal, explique-t-il : "avoir la France comme 'allié' cause plus de tort aux Etats-Unis que l'avoir comme ennemie".

Chirac, "Jeanne d'Arc travestie"

Depuis quelques semaines, le sentiment anti-français n'est pas l'apanage des tabloïds. Un sondage Gallup publié lundi révèle que la cote de la France a chuté de 20 points aux Etats-Unis. Plusieurs titres de presse traduisent avec véhémence ce sentiment.

Ainsi du très sérieux Wall Street Journal (accès payant), qui s'en prenait la semaine dernière à Jacques Chirac, "un homme vaniteux, poseur et vénal qui, essayant d'agir telle une Jeanne d'Arc travestie à la calvitie naissante, fait de la France le procureur abject de Saddam Hussein".

"Si l'Amérique n'existait pas"

Un éditorial publié dans le New York Times (enregistrement gratuit) regrette quant à lui que la France dispose encore d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'O.N.U. : "La France met tellement de cœur à se différencier des Etats-Unis que cela en devient ridicule (…) Elle ne voit pas à quel point le monde a changé depuis la fin de la Guerre froide", peut-on y lire. L'éditorialiste s'en prend à notre ministre des Affaires Etrangères : "le jeu français sur l'Irak, mené par Dominique de Villepin, manque de sérieux". Il le soupçonne ainsi d'oublier que "si l'Amérique n'existait pas et si l'Europe avait du reposer sur la France, la plupart des européens, aujourd'hui, parleraient allemand ou russe".

Comprendre, plutôt que dénoncer

Mardi matin, le Washington Post critiquait à son tour les positions françaises et allemandes, en dénonçant l'attitude de Chirac et Schroeder, qui "se comportent comme s'ils poursuivaient le même but que Saddam Hussein : menacer l'action américaine" et qui "pourraient empoisonner les relations internationales pour les années à venir". Ce même mardi, cependant, un article du même journal essayait de comprendre plutôt que dénoncer la position de Chirac, et stigmatisait ceux qui "sont vite tombés dans de vulgaires stéréotypes, considérant les Français comme instinctivement anti-américains, conduits par leurs intérêts commerciaux ou obsédés par leur grandeur perdue".

Par C.A. le 12 février 2003 à 15:50
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience