Musique en ligne : les distributeurs ont leur mot à dire

Par Christophe ABRIC, le 05 février 2003 à 20h12 , mis à jour le 05 février 2003 à 10h54

Certaines majors rechignent à ouvrir leurs catalogues aux distributeurs pour leurs sites de musique en ligne. Ceux-ci lèvent la voix, se sentant exclus de la réflexion sur le marché de la musique en ligne.

Virgin mega virginmega © INTERNE

C'est le paradoxe de l'œuf et de la poule transposé sur le Net. Pour que le piratage de fichiers musicaux se réduise, il faut proposer une offre légale attractive. Mais pour que cette offre légale soit effectivement attractive, il faut que l'accès aux réseaux pirates soit réduit. Les acteurs du marché du disque se sont pris les pieds cette boucle perverse et s'accusent désormais les uns les autres de freiner le développement d'une offre de téléchargement légal pendant que le piratage, lui, prospère.

Exclusion

Le dernier contentieux en date oppose distributeurs et producteurs. Forts de leur expérience dans le monde "physique", les premiers estiment qu'il leur revient d'être les acteurs principaux de ce marché en émergence. Or, certains producteurs semblent rechigner à leur ouvrir leur catalogue. Virginmega.fr, plate-forme Internet des Virgin Megastore, s'est emportée cette semaine contre Universal et Sony qui font traîner les négociations. Universal a répondu qu'il s'agissait de "ne pas inverser les rôles : c'est au fournisseur de dire à quelles conditions il accepte de confier às on distributeur le téléchargement de ces phonogrammes".

Le nœud se situerait juste au niveau des négociations commerciales. Les distributeurs se plaignent cependant d'être "exclues d'une réflexion nécessaire et dans laquelle nous avons un rôle à jouer", affirme Rodolphe Buet, responsable disque et vidéo pour la Fnac. Chez Virginmega.fr, le discours est le même : Laurent Fiscal, responsable de la filiale, estime "qu'il faut se réunir pour proposer une offre attractive. La distribution a un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre le piratage : il ne sert à rien de lutter si on ne propose rien en face".

Conseil, garantie de qualité...

Les distributeurs pensent en outre être indispensables à ce marché : "nous pouvons y jouer le même rôle que dans la monde physique. Préconiser, conseiller, assister, garantir une qualité : tout cela est nécessaire pour attirer des clients potentiels". Fnac comme Virgin s'accordent aussi pour dire que téléchargement légal est freiné par le manque d'offre. Alors que des millions de titres sont disponibles sur Kazaa et consorts, ils ne sont quelques milliers sur quelques sites de musique en ligne payants.

Les maisons de disques restent apparemment frileuses. Elles ont déjà, pour certaines, réglé le paradoxe : "le peer-to-peer, c'est de la concurrence déloyale", affirme Pascal Nègre, président de Universal. La répression d'abord, l'alternative ensuite ?

Par Christophe ABRIC le 05 février 2003 à 20:12
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