© INTERNEDans le Golfe, les journalistes, embarqués ou non, essaient tant bien que mal de relater les événements. Aux Etats-Unis, des centaines de 'warbloggers' sélectionnent, dissèquent les infos, et donnent chaque jour leurs point de vue sur la guerre. Au milieu de cette masse d'informations, un site fait, depuis le début du conflit, beaucoup parler de lui. C'est un weblog, lui aussi. Mais il est tenu par un Irakien, depuis Bagdad.
"Nous attendons..."
Sur "
Where is Raed ?", Salam Pax tient au jour le jour la chronique de sa vie dans la capitale irakienne. Il raconte la peur des bombardements, les rues qui continuent à vivre malgré la fermeture des magasins, la fumée qui obscurcit le ciel de sa ville. "Nous faisons tous la même chose, nous attendons dans nos maisons, en gardant nos portes fermées et en espérant qu'une bombe ne nous tombera pas dessus", explique-t-il. "Les gens du parti Baas sont encore partout. (…) Il n'y a pas de couvre-feu, mais vous devez avoir de bonnes raisons pour quitter votre quartier. Sur ordre du parti, les boulangeries n'ont le droit de vendre qu'une quantité limitée de pain à chacun de leurs clients", raconte-t-il encore.Salam a 28 ans, a longtemps étudié à l'étranger avant de revenir à Bagdad. Il tient sa chronique depuis plusieurs mois, mais le déclenchement du conflit a fait augmenter sa popularité de manière spectaculaire. Si bien que Blogger, son hébergeur, a dû lui allouer (gracieusement) plus de bande passante pour éviter la saturation. Partout, on parle du weblog de Salam Pax, de ses témoignages, récit unique de la vie quotidienne à Bagdad.
Véridique ?
Mais on en parle aussi pour mettre en doute sa sincérité. Certains se demandent s'il n'est pas une invention de la CIA, d'autres sont surpris de voir son site si régulièrement mis à jour alors que l'accès à Internet et aux communications est de plus en plus difficile dans la capitale irakienne. Salam Pax s'est emporté contre cette vague de suspicion : "arrêtez de me demander si j'existe. Si vous ne me croyez pas, ne me lisez pas. Je ne sers aucune propagande, sinon la mienne", écrivait-il le 21 mars. D'autres webloggers se sont intéressés à la question. Une en
correspondant avec lui durant plusieurs mois, un autre en regardant les serveurs par lesquels passaient les mails et les posts de Salam. Ils croient à sa sincérité. Fondé ou non, le succès de ce weblog aura au moins montré le besoin de témoignages indépendants sur ce conflit.
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