© INTERNELe monopole est rarement apprécié, même lorsqu'il n'est pas le fait de manœuvres machiavéliques. Ainsi de Google, qui a été presque sans effort plébiscité par une écrasante majorité d'internautes : une position de leader qui n'est pas sans inquiéter certains.
Pas de Google, pas de Web
Première inquiétude : il est désormais impossible de se passer de Google. N'être pas référencé sur le moteur de recherche, c'est ne pas exister. Au point que pour certains, Google est le Web. CNet racontait en décembre dernier la mésaventure d'une entreprise qui a perdu 30% de son chiffre d'affaire après avoir été rayée des répertoires de Google. "L'audience de certains sites en dépend tellement que les faire descendre dans la liste équivaut à leur enlever le pain de la bouche", expliquait alors Danny Sullivan de Search Engine Watch.
L'autre inquiétude est presque inverse. Plutôt que craindre de ne pas apparaître dans les résultats de Google, on s'effraie des informations que pourraient révéler le moteur de recherche. Le Boston Globe évoquait récemment l'histoire qu'un Américain de 34 ans a subi à cause de Google. Employé dans un hôpital, il avait par le passé cambriolé quelques maisons. Information qu'il tenait secrète, mais que sa nouvelle petite amie a découverte en cherchant quelques informations sur lui dans le moteur de recherche.
Je google, tu google...
Cette pratique, rechercher des informations sur quelqu'un grâce à Google, est devenue si courante que le nom de l'entreprise a peu à peu mué en verbe. "To Google" est désormais une expression courante outre-Atlantique, devenue un synonyme branché de "rechercher". Tant et si bien qu'il a été employé dans un épisode de Friends et que l'American Dialect Society a estimé qu'il était le "mot le plus utile" de l'année 2002.
Cette nomination a déclenché une réaction qui dénote la gourmandise de l'entreprise. Plutôt que se féliciter de cette récompense, elle a fait savoir que "Google" était une marque déposée, pas un nom commun. Sur le site, on peut d'ailleurs lire les commandements de Google vis à vis de sa marque : "ne l'utilisez QUE comme un adjectif, JAMAIS comme un nom ou un verbe, et JAMAIS au pluriel où à la forme possessive. (…) Ne le déformez pas, ni par combinaison, ni par abréviation, comme Googliscious, Googlyoogly, GaGooglemania…".
Sur un forum, un avocat a expliqué qu'une entreprise ne pouvait pas empêcher sa marque de devenir un mot de la langue courante. Cette aventure aura juste souligné l'importance de Google et la conscience que ses dirigeants ont de cette importance.
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