© INTERNEEn quelques jours, une page web a été citée par plus de 200 weblogs et sites d'information, a réuni plusieurs dizaines de milliers de visiteurs, a été traduite en portugais, italien, français… Or, cette page, "
World of ends" ne parle d'aucun concept révolutionnaire, d'aucune innovation majeure, ne sort aucun scoop. Ce qu'elle se contente de faire, c'est de définir l'Internet. De revenir sur un domaine que tout le monde croit connaître, mais dont trop de monde a une idée biaisée. La faute, selon ses deux auteurs, aux obsessions économiques, à une ignorance généralisée et à quelques certitudes réductrices.L'Internet est simple et stupide
Le texte, mordant et didactique, remet quelques idées en place et a été comme une oasis dans l'Internet d'aujourd'hui. Quelques pages qui prennent le temps de revenir à l'essentiel sur un sujet qui a trop souffert d'illusions et d'espoirs ridicules, comme celui de croire que "vendre des jouets pour chiens sur le Web est la voie royale pour s'enrichir".
Pour Doc Searls et David Weinberger, qui avaient déjà écrit ensemble '
The Cluetrain Manifesto', l'Internet est pourtant la chose la plus simple au monde. "Il faut s'intéresser à ce qu'est réellement l'Internet. Ce n'est pas compliqué. Pas besoin d'être Einstein pour comprendre le Net. N'importe quel collégien peut le comprendre, en s'en donnant la peine et le regardant du bon bout", expliquent-ils, avant de dresser une liste de dix principes qui permettent de voir la "vraie nature" de l'Internet.Parmi eux, l'Internet est "stupide", et obstiné. Pour des "raisons techniques", affirment les auteurs : "si un routeur échoue, les paquets le contournent, ce qui signifie que le réseau tient le coup".
Un monde d'extrémités
Surtout, Internet est un "monde d'extrémités". En d'autres termes, il n'a pas de centre : "Puisque l'Internet est un accord, il n'appartient à personne. Pas même aux sociétés titulaires qui en fournissent l'épine dorsale. Pas aux fournisseurs d'accès, (…) ni aux hébergeurs, (…) pas à un quelconque gouvernement". En effet, Internet répond à trois règles seulement : personne ne le possède, chacun peut l'employer, n'importe qui peut l'améliorer.
Des idées qu'il était nécessaire de réaffirmer, estiment Searls et Weinberger, car ces trois vertus sont "à l'opposé de la perception du monde qu'ont les gouvernements et les marchés" et parce que pendant trop de temps, "le Grand Argent préférait nous répéter que le Net est simplement une TV lente".
A l'heure des débats sur la responsabilité et sur le piratage, alors que la Nouvelle Economie s'est en grande partie effondrée, la lecture de ce texte est salutaire. Un weblogger français a entrepris bénévolement
de le traduire. Parce que l'Internet est comme cela : n'importe qui peut l'améliorer.
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