© INTERNEDoit-on s'inquiéter du développement du langage SMS ?
Non, car ce mode d'expression ne touche pas la totalité de la langue écrite. Il correspond bien à une communication immédiate, répond à des procédés systématiques et est lié à une technologie bien précise. Il est donc appelé à rester dans une sphère limitée dans laquelle il permet de créer des codes de génération et garde un côté ludique essentiel. Le langage SMS est ainsi réservé dans ses usages à une communication entre initiés, une communication qui dépasse le simple aspect fonctionnel.
Sa simplicité ne menace-t-elle pas l'orthographe traditionnelle ?
Le langage SMS n'est pas simple. Il est beaucoup moins lisible que l'orthographe traditionnelle. Il introduit en effet beaucoup trop d'ambiguïtés. Une même abréviation peut renvoyer à des significations différentes selon le contexte dans lequel elle est employée, selon l'utilisateur ou le groupe : les variantes sont multiples et on est loin d'une possible standardisation. Il y a besoin de déchiffrer ce langage, et ce déchiffrement fait partie du jeu. Le nombre d'ambiguïtés du langage SMS empêche en outre une lecture rapide parce qu'elles constituent un obstacle au balayage visuel.
Vous comparez les SMS aux hiéroglyphes…
Dans les SMS comme dans les hiéroglyphes, il y a coexistence de plusieurs procédés. Dans les hiéroglyphes, certains signes signifiaient quelques chose de précis, d'autres avait une fonction phonétique, et les deux genres coexistaient dans un même "texte". Les SMS fonctionnent de la même manière, une association de lettres peut être faite pour sa valeur signifiante ou pour sa phonétique.
Jacques Anis a écrit le livre "Parlez Vous Texto ?" aux éditions cherche-midi. Une partie de ses travaux est consultable sur son site : http://www.jacquesanis.net
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