Le peer to peer contre-attaque

Par C.A., le 11 mars 2003 à 17h48 , mis à jour le 10 mars 2003 à 17h55

Les éditeurs de logiciels de partage de fichiers sortent de leur silence pour dénoncer vertement les lacunes et les abus de l'industrie musicale.

Kazaa © INTERNE

Depuis plusieurs mois, le discours sur la musique en ligne, les réseaux peer to peer et l'échange de fichiers se faisait à sens unique : l'industrie musicale critiquait les logiciels de peer-to-peer et leurs utilisateurs, coupables selon elle de piratage et responsables du déclin du marché du disque. Seulement, ces dernières semaines, les éditeurs des dits logiciels se rebellent.

Eliminer les majors de l'équation

Il y eut d'abord la plainte déposée fin janvier par Sharman Networks (l'éditeur de Kazaa) auprès d'un tribunal de Los Angeles : l'éditeur y accusait les majors d'"abus de position dominante". Puis l'apparition aux Pays-Bas de "Honest Thief", une compagnie qui promettait de développer un service de p2p légal. Ce week-end, Honest Thief a dévoilé ses plans sans mâcher ses mots.

Dans un communiqué, elle annonce la sortie de 'Thank You', un logiciel de p2p qui "permettra aux fournisseurs de services d'échange de capitaliser sur leur nombre croissant d'utilisateurs et d'offrir une compensation financière aux artistes".

L'idée est simple : se servir des ressources des millions d'ordinateurs connectés aux réseaux p2p pour travailler sur des calculs complexes nécessaires à la recherche, et faire payer les entreprises qui ont besoin de ces recherches. Un système déjà employé par le projet Seti@Home, lancé au sein du SETI Institute (Search for Extraterritorial Intelligence).

Décrivant son modèle, Honest Thief, estime être la première société à "éliminer l'industrie de disque de l'équation" : "les majors ne sont pas encore mortes, elles sont maintenues artificiellement en vie. Nous, nous débranchons la prise", peut-on lire dans le communiqué.

Elles "méritent d'être piratées"

Tout aussi sévère était le président de Grokster, invité ce week-end à une conférence organisée par le Financial Times à Londres. Wayne Rosso y a affirmé que l'industrie musicale avait "lancé un jihad contre ses consommateurs, qu'elle appelle désormais pirates". Il a également accusé les majors de passer trop de temps "à essayer de protéger ses droits plutôt que les exploiter", avant d'expliquer que "plus elles harcèleront ceux qui échangent des fichiers, plus d'utilisateurs nous aurons".

Pire encore furent les déclarations du président de Wippit, service de musique en ligne payant qui peine à obtenir les catalogues des majors : "les majors méritent d'être piratées, tant elles se montrent complaisantes et arrogantes envers les consommateurs", a-t-il déclaré. N'ayant pas reçu l'approbation des majors, il a affirmé songer à se lancer sans celles-ci.

Par C.A. le 11 mars 2003 à 17:48
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