© INTERNEIl fut un temps où la possession d'un téléphone mobile pouvait être sujet à railleries. Aujourd'hui, ne pas en avoir un suscite souvent l'étonnement. Au Japon, selon un chercheur, l'appareil est devenu si courant qu'il est comme une extension de soi, une nécessité sociale.
Toujours disponible
Mizuko Ito est chercheur sur le campus de Fujisawa, spécialisé dans les usages des téléphones mobiles ("keitai"). Selon lui, les jeunes Japonais ont un tel besoin du Keitai que ne pas en avoir un équivaut à "marcher en aveugle".
Un étudiant interrogé par le chercheur lui a ainsi expliqué qu'il est devenu tabou, parmi les jeunes, de laisser son téléphone chez soi ou d'oublier de le recharger. Désormais, affirme le chercheur, les jeunes Japonais "sont en contact permanent avec un petit groupe d'intimes, qui les supposent disponibles à moins qu'ils ne dorment ou travaillent". Il raconte le cas d'un couple d'adolescents qui a participé à l'étude : "Ils se sont échangés 30 messages textos alors qu'ils regardaient la télévision chacun chez soi, ont pris leur dîner, fait leurs devoirs, et se sont appelés une heure durant. Après avoir raccroché, ils se sont échangés 22 nouveaux messages avant de s'endormir".
Savoir-vivre
Ce n'est pas tant le téléphone mobile que les "textos" qui ont généré cette transformation sociale. "Ils sont amenés à remplacer le téléphone comme mode de communication principal des jeunes", explique Mizuko Ito, ajoutant que cette population envoie une moyenne de 70 messages par semaine.
Faut-il y voir un comportement associable ? Au contraire, estime Carole Rivière de France Télécom, pour qui "l'échange de mini-messages canalise l'émotion spectacle, tout en offrant la possibilité d'exprimer des émotions authentiques" : il est aussi une expression d'un savoir-vivre, d'une discrétion. et permet le "renforcement des contacts dans un temps continu et sans interruption du lien".
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