© INTERNELe commandement de la coalition a confisqué les téléphones portables à technologie GPS des journalistes au front. Motif : les signaux émis par les appareils pourraient renseigner les Irakiens sur les positions des troupes anglo-américaines (voir article lié). Ne sont concernés dans les faits que les téléphones exploités par Thuraya Satellite Telecommunications, un opérateur basé aux Emirats Arabes Unis (EAU). Patrick Gibassier, directeur général de TDCOM, la société qui distribue les services de Thuraya en France (1), a contacté tf1.fr pour apporter quelques précisions.
Méfiance américaine
Tous les téléphones satellitaires sont localisés géographiquement pour permettre d'établir les licences d'utilisation et la tarification des appels, indique Patrick Gibassier. La position du téléphone peut être interceptée, reconnaît-il, mais "c'est extrêmement difficile et pas forcément à la portée" des Irakiens. Il ajoute que les signaux sont, bien entendu, codés. Alors, pourquoi confisquer les téléphones GPS gérés par Thuraya ?
Les sociétés Iridium et Globalstar (américaines) et Inmarsat (britannique) effectuent le positionnement géographique à partir de leur stations de télécommunications au sol. Lesquelles sont situées aux Etats-Unis. Concernant Thuraya, qui ne dispose que d'un satellite et non de plusieurs comme ses concurrents américains, "c'est le téléphone qui se positionne lui-même et qui renvoie sa position au satellite", explique le directeur général de TDCOM. Et les informations parviennent à une station au sol, basée à Abu Dhabi (EAU). "Les Américains estiment, sans doute, qu'il existe un risque que des personnels de la station puissent transmettre ces informations aux Irakiens", avance le "représentant" de Thuraya en France. "Mais cela n'engage que moi", ajoute-t-il.
"Mesure de précaution"
La confiscation des appareils, remplacés par des téléphones dont les Américains ont la maîtrise totale, éviterait ainsi de porter des allégations sans preuve sur l'honnêteté des employés de Thuraya. "Il s'agit d'une mesure de précaution de la part des Américains", commente Patrick Gibassier. Et de conclure : "Il est plus facile d'obtenir des informations sur les positions de troupes avec un satellite d'observation qu'avec un téléphone Thuraya".
(1) TDCOM se présente comme le "leader européen dans le domaine des transmissions par satellite". Elle équipe "la quasi-totalité" des journalistes français en Irak, dont ceux de TF1, selon Patrick Gibassier.
photo d'ouverture : Esa
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