© INTERNELes journalistes qui accompagnent les troupes de la coalition en Irak seraient-elles des taupes à leur insu ? Le commandement anglo-américain en est convaincu : il a confisqué aux reporters sur le terrain leur téléphone satellitaire fonctionnant au GPS (global positioning system). Plus particulièrement visés : les appareils exploités par Thuraya Satellite Télécommunications, un opérateur basé à Abu Dhabi.
Difficile mais pas impossible
Les responsables militaires américains craignent que le signal de positionnement des téléphones puisse être intercepté par les Irakiens. Lesquels pourraient alors localiser les troupes afin de les attaquer. "Ce n'est pas impossible mais ce serait plutôt difficile", indique à la revue New Scientist Richard Langley, expert en GPS à l'université du Nouveau Brunswick (Canada). "Un téléphone qui 'embarque' le système GPS pourrait émettre sa position vers l'un des 24 satellites du système", explique un spécialiste à tf1.fr. Mais ce signal serait difficile à intercepter car, tel un rayon laser, il relierait un point (le téléphone) à un autre point (le satellite). Repérer ce "point" au sol est quasiment impossible.
En revanche, le satellite, qui bénéficie de plus de puissance, "émet en diffusion", à l'identique d'un cône dont la pointe part du satellite pour couvrir une large région sur Terre. Dans cette "phase de descente" vers le centre de télécommunications de l'opérateur, le signal est plus facilement identifiable. Encore faut-il pouvoir le décoder. "Tout signal est 'crackable' si l'on possède suffisamment de temps et de puissance de calcul", précise le spécialiste à tf1.fr.
Mesure temporaire
Enfin, la connaissance des positionnements n'aurait de sens que si l'utilisateur du téléphone ne quittait pas sa localisation. D'où la nécessité pour l'intercepteur de réagir très rapidement, avance l'expert. Autre préoccupation américaine, révèle New Scientist : les "cyber-attaques" sur les ordinateurs dans lesquels sont entrées toutes les informations liées aux appels par satellite.
En attendant que le QG de la coalition s'assure que les forces irakiennes ne sont pas en mesure d'effectuer ces interceptions téléphoniques, les reporters proches du front sont privés de GPS. Une mesure temporaire, selon le commandement central américain au Qatar, qui indique que des téléphones de remplacement et des équipements de télécommunications militaires seront mis à la disposition des journalistes.
photo d'ouverture : archives
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