© INTERNEEn janvier, le journaliste iranien Sina Motallebi avait décidé de continuer sur Internet ce qu'on l'empêchait de faire sur papier. Suite à la publication d'un dessin controversé, la justice iranienne avait décidé d'interdire la publication de Hayat-e-Nou, le quotidien auquel il collaborait. Il avait alors ouvert un weblog en persan, rooznegar.com, qui était devenu l'un des sites persans les plus populaires du pays. Il y parlait de films, de culture occidentale, y développait des idées réformistes.
Pétition
Le 19 avril dernier, Sina Motallebi était convoqué par la justice iranienne. Il annonçait la nouvelle sur son weblog. Quelques heures plus tard, l'information était retirée du site, qui n'était plus accessible le lendemain. Sa femme tient elle-même un weblog, sur lequel elle a annoncé la nouvelle de l'arrestation de Sina. "Il avait été convoqué à plusieurs reprises par la justice ces quatre derniers mois", explique-t-elle. On lui reproche de mettre en danger la sûreté nationale par certains de ses écrits et par des interviews qu'il a accordé à des médias étrangers.
La nouvelle a mobilisé la communauté des weblogueurs, particulièrement forte en Iran (
voir notre article Iran-libre.com), et une pétition circule déjà sur Internet réclamant sa libération. Reporters sans Frontières s'est inquiété de cette arrestation, qui semble faire partie d'une nouvelle vague de répression de la justice iranienne envers les journalistes indépendants. La nouveauté semble résider dans la surveillance accrue de l'Internet : Sina Motallebi est le second journaliste arrêté cette année pour ce qu'il a écrit sur le web.Offensive des radicaux ?
"J'ai le sentiment que la frange radicale a lancé une nouvelle offensive. Cette fois, ils semblent s'attaquer plus particulièrement aux jeunes journalistes et activistes", s'inquiète Hoder, un autre weblogueur iranien, sur son site. Dans la page des commentaires, de nombreux lecteurs ont exprimé leur soutien à Sina Motallebi. Beaucoup le connaissaient personnellement. La police a promis de relâcher le journaliste au bout de deux jours. Jeudi, accompagné d'officiers, il est retourné chez lui pour leur fournir des documents.
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