La RIAA s'attaque aux étudiants

Par C.A., le 08 avril 2003 à 19h54 , mis à jour le 08 avril 2003 à 20h01

Le syndicat des maisons de disques américain poursuit en justice des étudiants qu'elle accuse d'avoir mis en place des systèmes de type Napster sur le réseau de leurs universités. Cette initiative suscite une nouvelle controverse.

RIAA © INTERNE

Non contentes de s'attaquer aux réseaux de peer-to-peer sur Internet, les maisons de disques américaines ont décidé de viser d'autres lieux où s'échangent selon elles des fichiers illégaux : les universités américaines. Quatre étudiants américains sont poursuivis par la RIAA (syndicat américain des majors) pour avoir mis en place "des systèmes de type Napster" sur les réseaux de leurs universités. Les étudiants avaient lancé des logiciels permettant d'effectuer des recherches dans les milliers de dossiers partagés des ordinateurs branchés sur le réseau de leur établissement.

Selon la RIAA, des centaines de milliers de fichiers illégaux circulaient sur ces mini-réseaux. Elle réclame 150.000 $ par œuvre protégée téléchargé grâce aux systèmes créés par les étudiants. Mais cette attaque frontale, lancée pour adresser "un message fort" aux étudiants américains, a déclenché une riposte toute aussi violente.

Pas d'injonction

Les étudiants visés par la plainte, ainsi que les responsables de leurs universités ont d'abord exprimé leur mécontentement : la RIAA ne leur a donné aucune injonction avant de porter plainte. Or, les universités ont depuis longtemps mis en en place des procédures en cas d'utilisation frauduleuse de leurs réseaux.

Le président de l'Université du Michigan, à laquelle appartient l'un des étudiants, a ainsi écrit à la RIAA : "Vous étiez au courant de la situation depuis longtemps", explique-t-il. "Auriez-vous suivi la procédure habituelle en nous prévenant, nous aurions dès lors fermé l'accès de l'étudiant aux réseaux et évité que l'affaire ne prenne l'ampleur qu'elle connaît aujourd'hui".

Tout réseau n'est pas Napster

Si elle est hâtive et violente, la plainte de la RIAA est aussi condamnée pour ses imprécisions. Le camarade d'un des étudiants visés a publié une analyse minutieuse du contenu de la plainte, qu'il démonte pièce par pièce. Il explique que contrairement à Napster, les logiciels mis en route par son camarade ne servait pas à l'échange exclusif de fichiers mp3, mais au partage de tout document, y compris des fichiers non protégés par le copyright.

Il ajoute que contrairement à Napster, qui permettait de chercher et télécharger les fichiers, ces programmes ne faisaient que chercher. C'est une fonction inhérente à Windows qui permettait ensuite l'échange. La bataille entre la RIAA et les "pirates" est rude. Elle se jouera aussi sur ce type de détails.

Par C.A. le 08 avril 2003 à 19:54
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