Les armes de sabotage massif des majors

Par C.A., le 07 mai 2003 à 17h59 , mis à jour le 06 mai 2003 à 18h30

Selon le New York Times, les maisons de disques investissent pour trouver des moyens de saboter les fichiers ou les connexions des utilisateur de réseaux peer-to-peer. Mais ces solutions sont à la limite de la légalité.

Graveur de Cds avec CDs © INTERNE

Pour faire face au piratage des oeuvres dont elles possèdent les droits, les maisons de disques n'excluent aucune piste. Après les mesures judiciaires, elles envisagent de s'attaquer directement aux particuliers qui téléchargent des fichiers illégaux sur les réseaux peer-to-peer. Une enquête du New York Times révèle en effet que les cinq majors financent discrètement des recherches sur des logiciels permettant de saboter le disque dur ou la connexion Internet des pirates.

Des programmes saboteurs

Selon l'article, Warner, EMI, Universal, Sony et BMG ont toutes investi dans de petites sociétés proposant des solutions anti-piraterie. Overpeer, la plus connue d'entre elles, a déjà généralisé le "spoofing", technique qui consiste à diffuser de faux morceaux de musique sur les réseaux pour rendre le téléchargement plus fastidieux. Plus récemment, la RIAA a entrepris d'envoyer des messages "pédagogiques" aux pirates via les systèmes de messagerie de Kazaa et consorts. Tout juste gênantes, ces mesures sont légères face à ce que préparent les majors.

Le New York Times évoque ainsi le développement d'un cheval de Troie qui redirigerait l'internaute vers le site où il pourra acheter le morceau qu'il entendait télécharger illégalement. Mais aussi le programme "gel", qui pourrait bloquer l'ordinateur du "pirate" pendant plusieurs heures, le forçant à redémarrer et perdre les téléchargements en cours. "Interdiction" empêcherait le particulier d'avoir accès à Internet pendant qu'il télécharge. Enfin, "Silence" chercherait et effacerait tous les morceaux pirates présents sur le disque dur d'un utilisateur.

Equilibre difficile

L'industrie du disque aimerait pouvoir mettre en place ces programmes. Depuis que la justice américaine a reconnu la légalité des logiciels de peer-to-peer, elle ne peut s'attaquer qu'aux particuliers qui en font une utilisation frauduleuse. Les attaquer en justice est long et a surtout valeur d'exemple. Les majors préfèrent donc rendre le piratage fastidieux, quitte à se positionner en marge de la loi.

Car le dilemme se pose : certaines de ces pratiques sont à la limite de la légalité et les majors craignent non seulement de s'aliéner une partie de leurs consommateurs, mais de se voir à leur tour attaquées en justice. "Notre philosophie : rendre le téléchargement de musique pirate une épreuve difficile et frustrante sans passer de l'autre côté de la barrière", explique le directeur d'Overpeer. C'est sur cette maigre ligne que l'industrie du disque va devoir trouver l'équilibre.

Le peer-to-peer cherche une parade

Le site Wired évoque pour sa part la sortie de PeerGuardian, logiciel qui prétend lutter contre les mesures de contre-piraterie. S'appuyant sur une liste d'adresses IP permettant d'identifier les programmes des majors, il bloque ainsi l'accès à ces dernières au réseau et les empêche ainsi d'identifier les morceaux protégés. Limité, il montre cependant une volonté de lutter contre les nouvelles tactiques des maisons de disques. A terme, les logiciels de peer-to-peer pourraient intégrer de telles fonctionnalités.

Par C.A. le 07 mai 2003 à 17:59
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