Microsoft se lance dans la bataille

Par C.A., le 12 juin 2003 à 13h40 , mis à jour le 12 juin 2003 à 15h52

Le groupe a annoncé hier l'acquisition de l'entreprise roumaine GeCAD, spécialisée dans l'édition d'antivirus. Cet investissement dans la lutte contre les virus laisse sceptique.

bill gates © INTERNE

Windows, le système d'exploitation de Microsoft, est la cible favorite des créateurs de virus. Jusqu'ici, le groupe de Bill Gates avait laissé des éditeurs tiers se charger de la lutte contre ce fléau. Mais sa stratégie pourrait changer : mardi, Microsoft a annoncé l'acquisition de GeCAD Software, une entreprise roumaine spécialisée dans la sécurité.

Le marché touché

Avec cette transaction estimée à 10 millions de dollars, la firme semble donc vouloir se lancer elle même dans la lutte contre ses pires ennemis. GeCAD software produit des antivirus depuis 1994. Son produit phare, RAV, pourrait être intégré à la prochaine version du système d'exploitation de Windows ou vendu séparément. Si la première option était retenue, Microsoft pourrait être accusé de pratiques anti-concurrentielles. Son entrée sur ce marché risque quoi qu'il en soit d'en modifier la donne : à l'annonce de l'acquisition, les actions de Symantec et Network Associates, deux importants éditeurs d'antivirus, ont baissé.

"Cela va marquer le marché, ne serait-ce que sur les ventes de logiciels" estime Marc Blanchard, directeur du laboratoire européen de Trend Micro, qui reste toutefois sceptique sur la volonté de Microsoft de s'investir pleinement dans ce secteur : "un anti-virus, ce n'est pas Excel. Cela demande un suivi permanent, une grande réactivité, et donc un investissement massif en personnel".

Cyril Voisin, chef du programme sécurité pour Microsoft France, explique que 63% des particuliers n'ont pas d'anti-virus installé sur leur ordinateur : "nous voulons pallier ce défaut et à terme, une solution sera disponible", explique-t-il. Mais l'acquisition de GeCAD servira surtout, dans un premier temps, "à améliorer notre plateforme pour que les anti-virus en général y soient plus efficaces et plus faciles d'utilisation".

Effets pervers

Beaucoup redoutent en revanche les effets pervers d'un tel investissement. Un consultant chez Sophos craint qu'une telle initiative n'excite les créateurs de virus : "ils sont déjà obsédés par Microsoft, et pourraient trouver dans cet antivirus issu de la firme une nouvelle motivation. C'est comme agiter un drap rouge face à un taureau". Pour Marc Blanchard, il s'agit même d'une "évidence". Mais chez Microsoft, Cyril Voisin estime surtout "qu'ils n'ont pas besoin de ça pour être motivés".

Par C.A. le 12 juin 2003 à 13:40
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