Les échangeurs organisent leur défense

Par C.A., le 29 juillet 2003 à 16h46 , mis à jour le 28 juillet 2003 à 17h41

Alors que l'industrie du disque multiplie les poursuites contre les particuliers qui utilisent les réseaux peer-to-peer, ceux-ci s'organisent pour contrer ces attaques. Des sites prodiguent ainsi conseils et soutien.

EFF Electronic Frontier Foundation © INTERNE

Des adolescents, des étudiants, des employés… Plus de 1,000 Américains sont l'objet de poursuites pénales pour avoir échangé illégalement des fichiers sur les réseaux peer-to-peer. Leur nombre va augmenter, promet la RIAA, syndicat de l'industrie du disque à l'origine des poursuites.

Lorsque la justice américaine a estimé il y a quelques mois que les logiciels de peer-to-peer étaient légaux, la RIAA avait annoncé qu'elle s'attaquerait aux particuliers qui les utilisaient. Depuis quelques semaines, elle met ses menaces à exécution, et ne fait pas les choses à moitié.

Choc et effroi

Chaque semaine, ce sont ainsi entre 75 et 300 assignations qui partent vers les universités et les fournisseurs d'accès à Internet, leur ordonnant de fournir l'identité des utilisateurs que la RIAA a décidé de poursuivre. Les malheureux risquent de devoir payer jusqu'à 150,000 $ par chanson partagée.

Certains aux Etats-Unis ont déjà repris le nom de l'opération américaine en Irak pour qualifier la campagne de la RIAA : "Shock and Awe", pour "choc et effroi". Face à l'intransigeance de l'industrie, les internautes sont partagés entre stupeur, colère et crainte. Si l'on peut voir, sur certains forums, certains utilisateurs déclarer qu'ils arrêtent les échanges, la majorité est outrée et entend bien résister.

Une campagne "futile"

L'Electronic Frontier Foundation, association pour la défense des "droits numériques", a lancé une vaste campagne pour les aider. Cette "croisade futile" est de surcroît arbitraire, estime l'EFF, car elle vise quelques milliers de malheureux qui ont eu la malchance d'être repérés parmi plus de 60 millions d'utilisateurs. L'association a donc mis en place une base de données qui permet aux internautes de savoir s'ils sont ou non visés par la RIAA. Elle prodigue également de nombreux conseils pour éviter d'être le prochain inscrit sur la liste noire du syndicat, et a monté un site, Subpoena Defense, sur lequel les internautes peuvent chercher de l'assistance.

"Nous ne plaisantons pas", a affirmé Cary Sherman, président de la RIAA, "nous donnerons suite à ces poursuites". Nul doute que les associations et les internautes ne baisseront pas non plus les bras. Une vaste et nouvelle bataille est lancée dans l'interminable guerre de la musique en ligne.

Par C.A. le 29 juillet 2003 à 16:46
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience