© INTERNEMardi, Brianna Lahara faisait la une des journaux américains. Cette collégienne new-yorkaise de douze ans faisait partie des 261 particuliers poursuivis par la RIAA (syndicat des majors du disque américaines) dans le cadre de sa lutte contre la piraterie sur les réseaux peer-to-peer. Surtout, Brianna fut la première pour laquelle fut trouvé un règlement à l'amiable.
2.000 dollars
Brianna avait téléchargé et partagé plus de 1.000 chansons "protégées par les droits d'auteur" grâce au logiciel Kazaa. Poursuivie, elle risquait d'être condamnée à payer des centaines de millions de dollars pour réparation. Mais sa mère, qui a déclarée ne pas être au courant de l'usage illégal du PC familial, a accepté mardi soir de payer 2.000 dollars de réparation.
Ce règlement à l'amiable souligne d'abord l'embarras dans lequel se trouve la RIAA après avoir lancé sa violente campagne contre les "pirates à domicile". Dans la presse américaine, on soulignait que les personnes visées étaient des adolescents comme les autres, des employés, des parents, des septuagénaires qui n'avaient pas toujours conscience de l'illégalité de leurs actes.
Nancy Davis, un chauffeur de bus scolaire, a ainsi expliqué au San Francisco Chronicle qu'elle croyait qu'après Napster, "cela devenait progressivement légal". "Je suis vraiment choquée par cette affaire", a-t-elle déclaré. Scott Bassett, poursuivi pour les téléchargements et les partages de son fils adolescent, déclarait pour sa part au San Jose Mercury News : "Ai-je vraiment besoin de prendre un avocat ? Ne puis-je pas simplement les appeler, leur dire que je suis désolé et leur rendre la musique téléchargée ? Je suis juste un petit gars…"
Les procès mal vus
Il y a des chances que de nombreux cas se règlent à l'amiable comme celui de Brianna. La RIAA ne cherche en effet pas tant l'argent que l'exemple. Le mea culpa de Brianna devant les médias (""Je suis désolée de ce que j'ai fait. J'aime la musique et je ne veux pas faire de mal aux artistes que j'aime") peut servir les majors plus que les procès en eux-mêmes. La RIAA compte surtout sur la surprise des parents, qui sont nombreux à être poursuivis pour les téléchargements de leurs enfants.
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