Les procès, mauvaise publicité pour les majors ?

Par C.A., le 12 septembre 2003 à 10h52 , mis à jour le 12 septembre 2003 à 11h18

En poursuivant des particuliers qui échangent des fichiers grâce aux logiciels de peer-to-peer, les majors du disque ne risquent-elles pas de se mettre à dos leurs consommateurs ? Aux Etats-Unis, beaucoup le pensent, même si Kaaza pourrait aussi souffrir de cette campagne.

RIAA © INTERNE

Ce sont des collégiens, des personnes âgées, des professeurs d'université, des cadres, des gens comme vous et moi. 261 personnes poursuivies depuis lundi par la RIAA, syndicat des majors du disque, pour avoir téléchargé et partagé des centaines de fichiers protégés par copyright via des logiciels comme Kaaza, Grokster ou Morpheus. Ils risquent d'avoir à payer jusqu'à 150 millions de dollars de réparation, la loi autorisant la RIAA à réclamer 150,000 dollars par œuvre partagée.

 
La RIAA se sent soutenue
Pour se défendre contre les critiques, la RIAA a publié les résultats d'un sondage selon lequel 52% des consommateurs de musique soutiennent son action. Seulement, ce sondage a été réalisé avant que les premiers procès soient lancés..
Depuis le début de la semaine, l'affaire fait grand bruit, surtout depuis la médiatisation du premier règlement "à l'amiable", qui a vu une mère de famille payer 2,000$ pour se faire pardonner les échanges de sa fille de 12 ans (voir notre article d'hier). Et nombreux sont ceux qui se demandent si cette action des majors ne va pas se retourner contre elles.

Dans le Globe and Mail, un éditorialiste condamne cette pratique "stupide" et "arbitraire" qui consiste à "criminaliser le comportement des clients qui ne viennent plus acheter vos produits". Le New York Times souligne pour sa part que les majors sont conscientes que le piratage est loin d'être le seul responsable des mauvaises ventes de CD.

Commentant le droit alloué aux majors d'aller scruter les disques durs des utilisateurs, le fournisseur d'accès Verizon a jugé mardi que "la loi accorde des pouvoirs littéralement hallucinants à n'importe qui se disant propriétaire d'un droit d'auteur". Et plusieurs fonds se sont montés pour aider la mère de la petite Brianna à régler le montant des réparations réclamées par la RIAA.

La campagne ne redore pas le blason des majors, certes, mais il pourrait également faire bien du mal à Kaaza. Parmi les 261 personnes poursuivies, nombreuses sont celles qui ont déclaré croire que la pratique était légale : elles avaient en effet payé 29,90 $ pour télécharger la version la plus avancée de Kaaza. Mauvaise foi ou non ? Peu importe, le logiciel risque également de voir son image dégradée auprès de ses potentiels "clients". Ce serait une petite victoire pour la RIAA.

Bientôt en France ?

Dans une interview accordée au Figaro, Marc Guez, président de la SCPP (société civile des producteurs phonographiques) , n'exclut pas un recours futur à des procès contre les particuliers.  «Nous serions contraints de changer de stratégie en attaquant les particuliers si on ne nous donne pas les moyens d'agir», déclare-t-il.

Par C.A. le 12 septembre 2003 à 10:52
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