© INTERNE"Suite à l'application de la loi américaine sur le copyright intitulée Digital Millennium Copyright Act (DMCA), nous avons éliminé 11 résultat(s) de cette page. Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre connaissance de la réclamation DMCA ayant entraîné l'élimination de ces résultats". Voilà ce que les internautes trouvent désormais au bas de la page lorsqu'ils recherchent KaZaA Lite sur Google. Suite à une plainte déposée par Sharman Networks, la société mère du logiciel KaZaA Media Desktop, le moteur de recherche a retiré certains sites spécifiques menant vers une version non-officielle de son logiciel.
Paradoxes et coïncidences
Sur les forums consacrés aux logiciels de peer-to-peer, la nouvelle n'est pas sans surprendre. Elle a en effet de quoi intriguer. Premier paradoxe : Sharman emploie l'arme avec laquelle elle est battue. L'argument employé par la compagnie Networks pour obtenir le filtrage par Google n'est autre que le Digital Millenium Copyright Act, texte américain censé protéger les œuvres, et arme principale utilisée par l'industrie du divertissement pour attaquer KaZaa et consorts.
Certaines coïncidences sont ensuite des plus troublantes : il y a quelques jours, Sharman Networks a sorti une version payante de son logiciel phare. Limiter les résultats affichés dans Google peut donc apparaître comme un bon moyen de limiter l'accès à un logiciel "concurrent", gratuit, et dénué de publicités. "Sharman Networks a toujours essayé d'obliger les utilisateurs à utiliser leur logiciel officiel qui comporte de nombreuses publicités et autres logiciels espions, très rémunérateurs", explique Guillaume Champeau, rédacteur en chef de Ratiatum.com.
Enfin, on peut s'étonner de cette décision de Google, qui fait craindre des dérives futures , en particulier dans le peer-to-peer, où une même technologie est parfois utilisée par plusieurs logiciels concurrents. Le filtrage de sites n'est cependant pas une première. "Il y a déjà eu plusieurs sites mis sur 'liste noire ' par Google", explique ainsi Thomas Bertrand de 1erePosition Google, un weblog spécialisé sur le moteur de recherche. "Google filtre, sans prévenir, des sites contraires à la loi. Il dispose même d'une page où l'on peut pointer vers des sites louches, un service présenté par Google comme une aide à la qualité de service. Dans le cas présent, on s'en est rendu compte parce qu'il y a un message nous prévenant", ajoute-t-il.
Thomas Bertrand craint néanmoins qu'une telle initiative n'encourage d'autres éditeurs. "Google sera obligé d'y répondre. C'est nécessaire pour qu'il garde sa position de leader. Et de telles requêtes vont s'accumuler : être bien et clairement positionné dans Google est devenu indispensable".
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