Une semaine historique pour la musique en ligne

Par C.A., le 13 septembre 2003 à 15h50 , mis à jour le 12 septembre 2003 à 16h35

Quelques jours après avoir lancé ses premières poursuites contre les "échangeurs", la RIAA ne semble pas vouloir changer sa politique. Pourtant, celle-ci est sujet à controverse. Résumé d'une semaine riche en événements.

RIAA doré © INTERNE

Le cas Brianna

Les médias américains se sont mobilisés cette semaine sur le cas de Brianna LeHara, une adolescente de 12 ans poursuivie pour avoir échangé des mp3 sur Kaaza. La collégienne s'était excusée en public, et sa mère avait accepté de régler 2,000$ à la RIAA pour obtenir l'abandon des poursuites.

Ce règlement n'a pas semblé très "à l'amiable" à de nombreuses personnes, qui se sont mobilisées pour aider la famille LeHara à régler les 2,000$. "United P2P", organisation regroupant six sites de téléchargement a ainsi proposé de rembourser cette somme. Un DJ a fait la même proposition et le weblogger Emmett Plant a lancé un appel aux dons, qui lui a permis de récolter 1,905$, qu'il enverra à l'EFF (Electronic Frontier Foundation) si la mère de Brianna les refuse. Enfin, le site de vente de musique en ligne musicrebellion.com a offert à Brianna 2000$ de crédits sur son site, qu'elle pourra dépenser pour acheter de la musique légalement.

La polémique de l'amnistie

Concentration

L'institut NPD Group a réalisé une étude sur le téléchargement auprès de 40.000 internautes. Selon celle-ci, sur les 11,1 milliards de fichiers musicaux détenus aux Etats-Unis, 7,5 milliards proviennent du p2p.

Surtout, 8% des utilisateurs possédraient à eux seuls 56% des fichiers.

Tout en lançant les premières poursuites, la RIAA a rendu public un programme d'amnistie, dans lequel elle promet à tout "échangeur" qui effacera ses fichiers pirates et promettra de ne plus recommencer qu'il ne sera pas poursuivi. Cette annonce a été critiquée de toute part. En effet, elle ne concerne pas les personnes déjà poursuivies, et ne garantit en rien l'arrêt des poursuites.

Un lecteur de Salon Magazine résume bien la situation : "en quoi est-ce une bonne chose de leur fournir un document dans lequel je reconnais avoir fait des choses illégales ?". Un autre précise : "Ce n'est pas un amnistie. C'est un aveu de culpabilité". Un article de Slate Magazine rappelle surtout que la "RIAA ne fait pas les lois, et n'a pas le droit d'aller à leur encontre. Il s'agit juste du plus gros plaignant potentiel".

Dénoncée de tout part, la mesure est pour l'instant un échec. Un Californien a porté plainte contre la RIAA.

Quel effet ?

La RIAA se félicitait, juste avant les poursuites, d'avoir 52% des consommateurs de musique derrière elle. Mais depuis lundi, les choses ont changé : plusieurs études montrent que les échanges n'ont pas baissé, bien au contraire.

La société BigChampagne, qui suit à la trace les activités sur les réseaux peer-to-peer, estime que le nombre de personnes connectées durant les dix premiers jours de septembre était 20% supérieur à la moyenne du mois d'août. L'institut Pew Internet affirme pour sa part que le nombre d'échangeurs déclarant ne pas se soucier du copyright a augmenté ces derniers mois. Il semblerait que la campagne de la RIAA ne décourage pas des habitudes désormais solidement ancrées…

Par C.A. le 13 septembre 2003 à 15:50
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience