DVD, CD et jeux se rapprochent

Par C.A., le 31 octobre 2003 à 11h59 , mis à jour le 31 octobre 2003 à 12h07

Lors d'une table ronde jeudi, les industries de la musique, du DVD et du jeu vidéo ont exposé la convergence entre leurs secteurs et leur vision de l'avenir, dans lequel ils vivront ensemble la révolution des supports.

Joueurs jeux vidéo © INTERNE

Qu'ont en commun les industrie de la musique, du jeu vidéo et du DVD ? Des horizons convergents, des métiers qui sont de plus en plus amenés à se croiser et des peurs communes. C'est ce qui est ressorti d'une table ronde organisée jeudi par l'éditeur de jeux vidéo Ubi Soft à laquelle s'exprimaient son président Yves Guillemot, ainsi que Pascal Nègre (président d'Universal Music France) et Pauline Grimaldi (présidente du syndicat de l'édition vidéo et directrice générale de Fox Pathé Europe).

Petits espoirs

Alors que son secteur traverse une crise sans précédent, Pascal Nègre s'est voulu optimiste, sur le long terme, du moins. "Nous vivons actuellement une double révolution, celle des supports et de la distribution. Même si elle s'accompagne d'une crise, cette révolution sera achevée dans trois ou quatre ans, grâce à l'avènement de l'Internet payant et grâce à une accélération du cycle de vie des supports".

On pourrait croire que face au disque, le DVD a peu de souci à se faire. Pauline Grimaldi a cependant présenté un tableau sombre de son industrie, victime comme les autres du piratage, mais surtout de la législation française. "Il n'y a pas, comme on veut le faire croire, une consommation incroyable de DVD. On achète autant de DVD aujourd'hui que de cassettes vidéos en 1996", a-t-elle tenu à préciser. "On a juste changé de format", a-t-elle ajouté, avant d'égrener la liste des doléances de son industrie : TVA à 19,6%, délai inflexible de 6 mois avant la sortie d'un film en DVD, taxe imposée à la vidéo que le gouvernement compte augmenter… "Nous avons certes la chance d'être un support récent, mais on veut nous tuer", s'est-elle plainte.

Le jeu vidéo à la rescousse ?

En regard, le jeu vidéo peut profiter d'un horizon dégagé, selon Yves Guillemot. Le jeu vidéo français représente 5% du marché mondial, connaît une croissance confortable (plus 11% l'an dernier), et va continuer à croître. "Nous avons la chance d'avoir un cycle de vie des supports assez court. tous les 5 à 8 ans, on peut faire évoluer les jeux et les rendre plus intéressants. Nous avons en plus une clientèle grandissante, les adultes de demain ayant joué depuis leur enfance".

Surtout, le jeu vidéo profite de plus en plus des talents des deux autres industries du loisir : "les scénaristes et les réalisateurs s'intéressent aux jeux vidéos, car ils sont un autre moyen d'expression, à la fois plus libre, moins cher et moins risqué. De même, les musiciens sont aujourd'hui nombreux qui comptent se servir des jeux vidéo comme un tremplin. Aujourd'hui, 5% du budget d'un jeu est consacré à la musique, et cette part ne va cesser de grandir", estime-t-il. Plus qu'un concurrent, le jeu vidéo pourrait à terme devenir le meilleur allié d'industrie plus en difficulté, à cause notamment du piratage.

Par C.A. le 31 octobre 2003 à 11:59
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