© INTERNEInternet peut être "la meilleure et la pire des choses" pour les adolescents, qui peuvent profiter de cet "extraordinaire moyen de se rencontrer" ou se retrouver prisonniers de l'écran jusqu'à 70 heures par semaine, ont mis en avant des psychiatres réunis à Paris depuis lundi .
Ne pas sevrer, mais "réglementer"
Il est parfois difficile de différencier les "gourmands" d'internet, qui peuvent passer quinze à vingt heures par semaine en ligne, des drogués du web, a reconnu le professeur Jean-Yves Hayez, responsable de l'Unité de pédopsychiatrie des Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles. Il revient aux parents de fixer une limite de durée, et d'inviter "leur fils" à faire du sport, a-t-il insisté.
"On ne parvient pas à imposer à un jeune un sevrage total de son ordinateur, il faut plutôt réglementer", a mis en avant Frédéric Goethals, du groupe Cyberrecherche du même établissement hospitalier bruxellois, soulignant également les "apports positifs" d'internet.
Un "instrument d'autothérapie"
En créant son propre personnage lors de jeux en ligne, l'adolescent expérimente en effet "différentes facettes de son identité". Il peut aussi, selon le chercheur, exercer sa créativité, son savoir faire, et "trouver une image positive de lui-même", lorsqu'il réussit, par personnage virtuel interposé, à "sauver le monde ou gagner un championnat de foot".
Le jeu vidéo qui permet "d'avancer par un processus d'essais-erreurs, sans véritables conséquences néfastes" dans un "monde situé entre le réel et l'imaginaire", serait, selon M. Goethals, une "sorte d'objet transitionnel" pour l'adolescent comme l'est le "doudou" pour le bébé. Au nombre des bienfaits potentiels d'internet, il cite aussi la possibilité pour les jeunes de décharger "un trop plein d'agressivité", d'expérimenter leur sexualité hors du contrôle des parents, voire d'utiliser internet comme "un immense groupe de self-help", un "puissant instrument d'autothérapie".
Dans la cyberdépendance, il y a, selon les chercheurs, un "désinvestissement du monde immédiat", et un "refus de se soumettre à des informations venant des générations précédentes". Pour le Pr Hayez, il revient alors aux parents de ne pas fuir leurs responsabilités, mais de "penser le phénomène internet" et de chercher à le réguler.
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