Musique en ligne : Pascal Nègre change d'ennemi

Par C.A., le 31 octobre 2003 à 16h05 , mis à jour le 31 octobre 2003 à 17h15

Alors qu'il s'y refusait jusqu'ici, le président d'Universal Music France, a affirmé qu'il engagerait des poursuites judiciaires contre les internautes qui piratent des fichiers sur les réseaux peer-to-peer.

Pascal Nègre Universal © INTERNE

En présence de représentants de chacune des trois industries les plus menacées par la piratage et le partage de fichiers sur les réseaux peer-to-peer, le public de la table ronde organisée jeudi par Ubi Soft (voir notre article "DVD, CD et jeux se rapprochent") a vite fait d'aborder le sujet.

Pascal Nègre en a profité pour durcir publiquement sa position sur le sujet. Jusqu'ici, il n'estimait pas nécessaire de poursuivre les pirates, qui étaient aussi ses consommateurs, mais préférait mettre la pression sur les fournisseurs d'accès qui avaient, selon lui, leur responsabilité dans l'utilisation massive du p2P (voir notre interview "Le consommateur n'est pas un ennemi").

"La peur du gendarme"

Jeudi, il a cependant évoqué des poursuites individuelles. Citant la campagne récente de la RIAA, syndicat américain des majors du disque qui a entamé de telles poursuites, il a expliqué que celle-ci avait eu en effet : "l'utilisation des réseaux p2p a soudainement baissé", a-t-il affirmé.

"Je ne suis pas entré dans ce business pour taper sur le consommateur", a ensuite expliqué Pascal Nègre : "Malheureusement, la peur du gendarme, ça marche. Nous n'hésiterons donc pas, désormais, à poursuivre les internautes. Je trouve ça désolant, mais je ne crois pas aux vertus de l'éducation dans cette lutte".

Le DVD plus menacé encore ?

Rappelant que "le piratage va donner lieu à une crise de l'offre sans précédent au niveau de la production locale", il a estimé que les fournisseurs d'accès à Internet doivent "prendre leurs responsabilités" face à ce phénomène : "pour l'instant, ils mettent du sel sur la plaie".

Présente sur place, la directrice du Syndicat de l'édition vidéo Pauline Grimaldi, a dressé un tableau plus sombre encore. Pour elle, l'avenir du film est encore plus menacé par le piratage que ne l'est celui de la musique : "alors qu'un musicien trouvera toujours à s'exprimer, un film ne peut se faire sans la production et un financement important. Notre avenir est plus noir encore", a-t-elle déploré.

Par C.A. le 31 octobre 2003 à 16:05
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