© INTERNEtf1.fr : Pixmania n'a pas été victime du crash de la bulle Internet. A quoi votre entreprise doit-elle sa solidité ?
Jean-Emile Rosenblum : Nous avons créé Pixmania en mai 2001, en plein milieu du e-crash, et cela nous a servi. Cette crise était plus médiatique et boursière qu'économique, et elle fut salvatrice : elle a permis un écrémage du marché, un nivellement par le haut. Les vraies affaires ont commencé après ce crash, en partie parce que les nouvelles entreprises se sont tournées vers un business model viable, misant sur les services payants.
Nous avons donc eu de la chance de ne pas arriver trop tôt. Cela nous a entre autres évité d'avoir à investir dans des domaines superflus : nous n'avons pas eu besoin de payer de la publicité dans la presse offline ou en affichage. Pour nous faire connaître, nous avons misé sur l'Internet, les sites comparateurs de prix, le référencement, l'achat de mots clefs…
tf1.fr : La semaine dernière, Yahoo! a annoncé avoir doublé son bénéfice net en un an, et sa valeur boursière a retrouvé ses niveaux de janvier 2001. Pensez-vous que l'on revient à une période prospère pour l'Internet ?
J-E. R : Sans aucun doute, oui. On a réalisé que tout ne pouvait pas se vendre sur Internet, mais que certains produits, comme les produits électroniques, les voyages, étaient adaptés à ce médium. Les sites sont en outre devenus professionnels, nous avons gagné, peu à peu, la confiance des clients : le succès de PixMania tient par exemple beaucoup au bouche à oreille. Les internautes n'ont plus peur.
La haut-débit a participé à tout cela. Les internautes ont gagné en confort d'utilisation, ils ne sont plus limités par le temps, ont apprivoisé les sites.
tf1.fr : Vous êtes présents dans plusieurs pays européens. La France est-elle bien placée en terme de e-commerce ?
J-E. R : Comme pour la téléphonie mobile, la France est arrivée avec du retard. Elle a mis du temps à s'approprier l'Internet. Mais elle rattrape bien son retard, et fait preuve aujourd'hui d'un grand dynamisme.
tf1.fr : Voyez-vous une nouvelle période d'euphorie se profiler ?
J-E. R : Non, je vois plutôt ce que nous vivons comme une période de consolidation. Les secteurs qui marchent aujourd'hui seront les marchés porteurs de demain. Et de même, les acteurs qui mènent en 2003 resteront leaders dans les années à venir. Les entreprises qui marchent ont une très haute qualité de service, qui demande une logistique énorme. Les investissements sont lourds, et ce sont des entreprises très abouties. Des sociétés extérieures à l'Internet ne pourraient pas, aujourd'hui, arriver et changer la donne.
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