© INTERNEComme 260 autres personnes aux Etats-Unis, Sarah Ward a reçu le 11 septembre dernier un courrier de la RIAA. Le syndicat américain des majors du disque l'informait des poursuites engagées à son encontre pour avoir illégalement téléchargé des mp3 sur Kazaa. Parmi les morceaux cités, plusieurs chansons du rappeur Snoop Doggy Dogg.
"Bénéfice du doute"
Seulement, Sarah Ward a 66 ans. Elle apprécie plus la musique celtique que le hip-hop, et se sert peu de son ordinateur en raison de sa dyslexie. En outre, son ordinateur est un Macintosh, sur lequel on ne peut que difficilement faire tourner Kazaa. Grâce à des avocats de sa famille, elle a pu répondre à la RIAA et obtenir que les charges soient abandonnées, sans que le syndicat ne s'excuse : "nous avons décidé de lui laisser le bénéfice du doute", a ainsi expliqué une porte-parole, qui a ajouté qu'il s'agissait "du seul cas de ce genre".
Mais contrairement à ce qu'affirme l'industrie du disque, le cas de Sarah Ward pourrait bien ne pas être le seul. L'Electronic Frontier Fondation, organisation qui se bat contre les pratiques de la RIAA explique avoir été contactée par une dizaine d'autres personnes dans le cas. Et fin septembre, un document indépendant a mis sérieusement en doute la fiabilité des méthodes employées pour identifier les "pirates" incriminés.
Culpabilité impossible à prouver
Publié sur un site australien, ce document très technique explique qu'en raison de nombreuses failles présentes dans les logiciels d'échange de fichiers, il est facile pour un internaute de faire croire qu'un autre utilisateur a téléchargé illégalement des fichiers, voire de lui faire télécharger à son insu des fichiers protégés.
Selon l'auteur de ce document, ces méthodes rendent quasiment impossible de prouver qu'une personne a téléchargé des fichiers. Cela pourrait compliquer la tâche de la RIAA : si certaines des poursuites qu'elle a engagées se terminent devant un tribunal, il lui faudra prouver la culpabilité des personnes attaquées.
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