"Casseurs de pub" : contre-attaque sur le web

Par C.A., le 24 novembre 2003 à 17h39 , mis à jour le 24 novembre 2003 à 18h03

La régie publicitaire de la RATP exige la fermeture d'un site appelant à la dégradation des affiches du métro. Mais la méthode employée menace l'hébergeur du site, la coopérative Ouvaton.

Casseurs de pub © INTERNE

Mise à jour

Lors de l'audience, qui a eu lieu lundi 24 novembre, le juge a décidé de mettre l'affaire en délibéré au 1er décembre prochain.

Depuis quelques semaines, une nouvelle forme d'activisme envahit les couloirs du métro parisien. Des groupes d'une dizaine de personnes se réunissent aux abords des stations, pour y noircir et taguer les affiches publicitaires, afin de dénoncer la "marchandisation" de la société.

Pli d'huissier

Venant d'horizons divers, les activistes se rassemblent grâce à un site Internet sur lequel sont donnés les rendez-vous. Ce site est aujourd'hui l'objet d'un litige opposant Metrobus, la régie publicitaire de la RATP, et Ouvaton, coopérative qui héberge le site des "casseurs de pub", Stop Pub.

Le 7 novembre dernier, Ouvaton recevait un pli d'huissier exigeant des informations sur les créateurs du site et sa fermeture. L'hébergeur a refusé : "Nous étions d'accord pour répondre à leur requête, mais si celle-ci était faite dans un cadre légal. Or, ils n'étaient pas passés par un juge", explique Alexis Braud, responsable d'Ouvaton.

Frais d'avocat

C'est ensuite que l'affaire s'emballe. Metrobus porte plainte contre X et pose une plainte en référé, demandant qu'Ouvaton fournisse les infos, paie 2000 euros de réparation et les frais d'avocat. Pour l'hébergeur, c'est un coup de massue : "Même si Metrobus perd, il va nous falloir payer un avocat, des frais qui correspondent à 15% de notre budget annuel. Deux autres affaires dans l'année, et nous serions obligés de fermer Ouvaton", se désole Alexis Braud.

Pour Gérard Unger, directeur de Metrobus, la plainte est légitime : "les vandales sont responsables de plus d'un million d'euros de dégradation". Or, s'il déclare "n'avoir rien contre Ouvaton", il considère toutefois qu'un "hébergeur est responsable de ce qu'il diffuse".

Alexis Braud explique quant à lui que sa coopérative héberge plus de 3500 sites, il est difficile de les suivre tous. "J'habite en province, je n'étais pas même au courant de l'existence de ce site et des casseurs de pub", qu'il se défend de supporter : "je me fiche du contenu de Stop Pub. Si la justice me demande de le fermer, je le ferai dans la minute. C'est une question de principe, il est hors de question de fermer un site simplement parce qu'une entreprise l'exige".

En avance sur la loi ?

Ouvaton accuse en fait Metrobus d'avoir devancé le projet de loi sur l'Economie numérique (LEN), suite auquel un hébergeur pourra être considéré comme complice par la justice s'il ne ferme pas un site condamnable alors qu'il avait été prévenu. Aujourd'hui, la fermeture d'un site doit passer par un juge.

Alexis Braud se demande donc pourquoi passer par cette procédure, qui fait que "l'arme économique se substitue à la justice". En face, Gérard Unger répond que l'avocat d'Ouvaton ne l'a pas contacté, et que la plainte en référé n'a été posée "que pour permettre à la justice de gagner du temps".

Par C.A. le 24 novembre 2003 à 17:39
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience