© INTERNE"Joignez-vous à la révolution" : dans une massive campagne publicitaire, Kazaa invite cette semaine ses utilisateurs à faire pression sur l'industrie du disque et les gouvernements pour que soit reconnue l'importance du peer-to-peer.
La campagne a coûté 1 millions de dollars à Sharman Networks, la société à qui appartient le logiciel le plus populaire d'échange de fichiers. Elle a commencé à être diffusée dans des magazines et quotidiens parmi les plus influents de la presse anglo-saxonne, de Rolling Stone au Wall Street Journal en passant par The Guardian et Metro en Grande-Bretagne.
Bête noire
Les publicités et
le site qui les accompagne ne vantent pas un produit particulier, mais constituent plutôt une campagne de lobbying en faveur du peer-to-peer. L'échange de fichiers, plébiscité par les internautes, est toujours considéré comme la bête noire de l'industrie du divertissement, qui condamne l'illégalité des échanges qui y sont pratiqués.Au contraire, Sharman Networks estime qu'il est temps que "l'industrie du disque reconnaisse que 60 millions de consommateurs potentiels utilisent chaque jour Kazaa (…) Une révolution a lieu, qui change la manière dont sont consommés et distribués les films et la musique".
L'industrie du divertissement a préféré se gausser de cette campagne, rappelant que les échanges qui y sont pratiqués sont en grande majorité illégaux. Et on peut douter de la réussite de cette initiative, les utilisateurs étant conscients de l'illégalité de leur pratique, tout en plébiscitant ce nouveau mode d'acquisition.
Le Microsoft du p2p ?
"L'industrie devrait fournir son contenu aux utilisateurs du peer-to-peer", affirme aussi le communiqué de Sharman Networks. En d'autres termes, Kazaa essayerait de se frayer un chemin vers la légalité en occupant le terrain.
Cette tactique n'est pas pour plaire à d'autres logiciels de peer-to-peer concurrents, qui estiment que Kazaa travaille en solitaire afin de gagner la plus grosse part du marché si le peer-to-peer devenait un modèle de distribution payante. Un concurrent a ainsi affirmé au Washington Post : "Sharman Networks se prend pour Microsoft".
De fait, Kazaa marche seul : il ne s'est pas associé à P2P United, organisation qui regroupe plusieurs industries du p2P et se battent pour sa légitimation. De même, il y a quelques mois, il a exigé de Google qu'il retire de ses résultats les sites pointant vers des versions alternatives de son logiciel.
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