LAMP, projet lumineux et vite éteint

Par C.A., le 03 novembre 2003 à 18h10 , mis à jour le 03 novembre 2003 à 18h30

Les maisons de disque ont mis fin à un projet qui permettait aux étudiants d'un campus d'écouter de la musique sur le réseau câblé sans violer les lois sur le copyright.

LAMP MIT © INTERNE

Keith Winstein et Josh Mandel, étudiants au prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology), pensaient avoir trouvé la solution au problème du piratage dans les campus américains. Leur projet LAMP a été lancé avec le soutien de l'institut, qui estimait que leur système constituait un compromis parfait entre la liberté d'écoute et le respect du copyright.

Projet éphémère

LAMP (pour Library Access to Music Project) consiste en une distribution de musique à la demande par le réseau câblé du campus. La qualité inférieure à celle des CD, et la difficulté à pirater de la musique diffusée par ce biais permettait aux deux étudiants de croire que leur système ne voilait pas les textes sur le copyright. D'autant moins qu'ils avaient fait acheter pour 30,000$ de morceaux par le MIT à la compagnie LoudEye, spécialisée dans la gestion de contenus numériques.

Mais quelques jours après l'avoir lancé, le MIT a dû suspendre LAMP. Certaines maisons de disques n'appréciaient pas le principe, et se plaignaient de n'avoir reçu aucun droit consécutif à l'utilisation de ces morceaux. Elles ont donc réclamé la fin du projet. Ses deux créateurs ont obtempéré, expliquant qu'ils voulaient "montrer leur bonne foi et respecter les textes sur le copyright".

Licence

Universal Music Group a été la première major à se plaindre. Selon elle, si le MIT a bien acheté les morceaux à LoudEye, cette dernière n'a pas les droits sur les licences. LoudEye semble avoir abusé de ses droits dans la perspective d'un contrat important, même si, dans la confusion, elle s'est dédouanée de toute responsabilité : "Nous avons vendus des morceaux au MIT, pas des licences", a déclaré l'un de ses responsables, oubliant sans doute que lors du lancement de Lamp, sa société se ventait d'avoir vendu les dites licences.

Les maisons de disques ont salué la suspension immédiate de LAMP, et le MIT compte bien trouver un compromis juridique qui lui permette de relancer le projet. Il y a cependant des chances que les majors pinaillent sur ce système a priori bien moins lucratif que les ventes de CDs…

Photo : les deux créateurs de LAMP (Donna Coveney / MIT)

Par C.A. le 03 novembre 2003 à 18:10
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