© INTERNEPart non négligeable de la mondialisation, Internet se devait d'avoir son sommet international. Celui-ci débutera ce mercredi à Genève, avec trois ans de retard. Proposé pour la première fois en 1998 par l'ONU, le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) aurait dû avoir lieu en 2000. Depuis, Internet a changé, les enjeux ont muté et les embûches sont nombreuses.
Solutions d'attente
La préparation du SMSI a ainsi été on ne peut plus chaotique, les discussions préparatoires ayant achoppé sur de nombreux aspects, comme la régulation de l'Internet, la liberté d'expression ou le financement de la diffusion d'outils technologiques. Un projet de Déclaration et de principes et un Plan d'action ont été adoptés au dernier moment. Plusieurs questions litigieuses n'ont néanmoins été réglées que par des formules vagues et des solutions d'attente et quelques points font encore débat.
Ainsi de la création d'un Fonds spécial pour financer la réduction de la "fracture numérique" Nord-Sud auquel les pays occidentaux sont réticents. La question d'un nouvel organisme de régulation a quant à elle été reportée à 2005.
ONG écartées
Mais le plus gros écueil de ce sommet sera l'exclusion de certaines organisations non gouvernementales (ONG). Celles qui participeront ont pour leur part annoncé qu'elles publieraient une déclaration séparée. Elles accusent des pays comme la Chine ou la Tunisie (hôte de la deuxième phase du SMSI, prévue en 2005), qui répriment sévèrement leurs cyber-dissidents, de chercher à faire entériner le droit des gouvernements à censurer la Toile.
Le choix de Tunis comme lieu de la prochaine réunion de 2005 "est en contradiction avec la violation systématique de la liberté de l'information par le régime du président Ben Ali", a déclaré lundi à Genève le représentant de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) Antoine Madelin. L'association Reporters Sans Frontières a été interdite de sommet mais a affirmé qu'elle ferait néanmoins entendre sa voix (lire ci-dessous).
Dernier souci du sommet, le désistement de plusieurs dirigeants. Devant la perspective d'un échec, le chancelier allemand Gerhard Schroeder et le président brésilien Lula ont, entre autres, annulé leur déplacement.
La brève épopée de "Radio non grata" |
Reporters sans frontières (RSF) avait annoncé mardi le lancement d'une radio pirate, baptisée "Radio non grata", afin de protester contre le Sommet de l'information. Celui-ci fait, selon l'association, la part belle aux régimes autoritaires cherchant à contrôler l'internet et à museler les "cyber-dissidents". RSF comptait distribuer des petits transistors aux congressistes à leur arrivée au Sommet pour leur permettre d'écouter les émissions contestataires sur la fréquence 95,8 FM. RSF a finalement décidé d'interrompre les émissions, la gendarmerie française ayant menacé de saisir le matériel. Le CSA a mandaté le Comité technique radiophonique (CTR) de Lyon pour faire un constat d'infraction, permettant ensuite de saisir le procureur de la République qui a alors la possibilité de faire saisir le matériel de la radio. |
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