© INTERNELa semaine dernière, une proposition de l'Adami a soufflé comme un ouragan dans le milieu de la musique français. Estimant que "l'attitude qui consiste à vouloir inverser ou maîtriser l'expansion du peer-to-peer apparaît en partie irréaliste", la société représentant les artistes interprètes a évoqué la possibilité d'une licence légale, soit une ponction sur le revenu des fournisseurs d'accès à Internet (FAI) qui compenserait la diffusion illégale de mp3 via les réseaux peer-to-peer.
Un tollé général suivit : les FAI s'opposèrent évidemment à une telle idée, estimant n'être pas responsables de ce phénomène. Les producteurs, quant à eux, s'emportèrent : Marc Guez, directeur général de la SCPP (Société civil des producteurs phonographiques), déclara ainsi à ZDNet qu'il s'agissait de "la pire des idées pour lutter contre le piratage".
La Société Nationale des Editeurs Phonographiques (SNEP) a quant à elle publié un communiqué dans lequel elle juge la licence légale sur Internet "dangereuse" car "elle tuerait dans l'œuf l'offre de musique légale payante et sécurisée" et "ouvrirait la porte à une chute globale des revenus de la filière". Ils voient dans la licence légale, sinon une légalisation, une légitimation du piratage contre lequel ils luttent.
L'Adami a tenu à préciser, en milieu de semaine, qu'elle était contre "la gratuité des œuvres échangées illégalement", mais a répété qu'il s'agissait pour elle d'une option à considérer sérieusement.
Si la solution proposée par l'Adami n'est sans doute pas celle qui pourrait satisfaire l'industrie, sa prise de position a néanmoins permis de mettre à jour certaines évidences : la lutte contre le piratage et les initiatives des maisons de disque n'ont pas encore fait leurs preuves, loin de là. Et il faut aujourd'hui compter avec le peer-to-peer, un modèle auquel "l'industrie doit s'adapter, plutôt que s'évertuer à en créer un nouveau". Cette opinion est celle de Laurent Rossi, directeur français de Beggars Banquet, un label indépendant…
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