Avant le MidemNet, l'industrie s'agite

Par C.A., le 23 janvier 2004 à 17h27 , mis à jour le 22 janvier 2004 à 18h58

A quelques jours de l'ouverture du marché mondial de la musique, l'industrie et les ayant-droits rivalisent de propositions pour lutter contre la piraterie. Seulement, leurs solutions divergent...

Graveur de Cds avec CDs © INTERNE

Le Midem 2003 avait été celui de la crise. L'édition 2004, qui ouvre ce dimanche à Cannes, se veut celle du sursaut. Longtemps désarmée face aux échanges de fichiers sur les réseaux peer-to-peer, l'industrie commence à réagir. En développant d'une part des solutions légales. En luttant de plus en plus férocement, d'autre part, contre un phénomène qu'elles estiment responsable des baisses de leurs ventes.

Des poursuites en Europe ?

Ces deux aspects domineront à n'en pas douter le marché international du disque. Preuve en est la multiplication, ces derniers jours, des déclarations sur le sujet. Pas un organisme ne s'est privé de donner son avis sur ce vaste sujet. Sans que tous soient d'accord sur les solutions à proposer.

L'International Federation of the Phonographic Industry (IFPI), qui regroupe les producteurs à travers le monde, mise sur la répression. S'appuyant sur le modèle américain (voir encadré), elle a déclaré qu'elle lancerait des poursuites judiciaires contre des particuliers européens qui partagent des fichiers.

Taxer l'upload ?

Loin de partager cet optimisme, l'Adami, qui représente les artistes interprètes, estime qu'il "est probablement impossible de mettre fin" au peer-to-peer. Elle a donc réitéré son choix en faveur d'une licence légale, "redevance qui serait perçue auprès des fournisseurs d'accès (FAI)". Cette proposition avait il y a quelques semaines provoqué l'ire des FAI, qui refusent d'être jugés responsables du piratage, et des producteurs, opposés à un système de licence légale.

La dernière proposition en date vient du SPPF (Syndicat des producteurs de phonogrammes en France), et vise également les FAI. Il propose de revenir à une vieille pratique : la taxation de l'upload (envoi de fichier sur les réseaux). Il réclame ainsi qu'on impose aux FAI "une tarification élevée pour la mise à disposition sur Internet des fichiers musicaux". Il ne précise pas comment ils compteraient procéder, sans pénaliser les autres usages de l'upload (jeux en ligne, création de sites…).

Alors qu'une solution légale viable tarde à arriver en Europe, que la loi sur l'économie numérique met les FAI sur la défensive, l'échange de fichiers continue. Le Midem 2004 risque de ne pas accoucher de la recette miracle.

Etats-Unis : les poursuites reprennent

La RIAA, le syndicat américain des maisons de disques, a annoncé mercredi une nouvelle série de 532 actions en justice contre les adeptes de l'échange de fichiers. Le total des plaintes s'élevait jusqu'alors à 382.

Par C.A. le 23 janvier 2004 à 17:27
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