© INTERNELe virus MyDoom, devenu en deux jours le plus important de l'histoire (
voir notre article), est programmé pour attaquer, le 1er février prochain, le site de la société SCO par un déni de service. Ce n'est pas la première fois que la société est prise pour cible. En quelques mois, elle a réussi à se mettre à dos l'ensemble de la communauté technique, des défenseurs du logiciel libre aux grosses entreprises comme IBM.Linux contre Unix
Tout commence en mars 2003. SCO (pour Santa Cruz Operations) réclame un milliard de dollars à IBM : elle détient les droits du système d'exploitation Unix, et accuse IBM de l'avoir exploité et intégré à ses propres systèmes Linux. L'annonce déclenche un tollé, qui grandit encore lorsqu'en juin, SCO menace de poursuivre 1,500 entreprises qui utilisent Linux. En juillet, elle explique que l'utilisation de Linux par une entreprise implique de payer une licence de 699$ par serveur sur lequel le système est installé.
Par ces quelques manœuvres, SCO devient la bête noire de tous les secteurs, et plus particulièrement des défenseurs du logiciel libre : Linux étant libre, distribué sous licence GPL (licence publique générale), exiger une licence payante pour son utilisation est à la fois insensé et illégitime.
"Pour la communauté technique comme pour les autorités juridiques, ce que réclame SCO est sans fondement", explique Loïc Dachary, porte-parole de la Free Software Foundation en France. "Le souci est qu'aujourd'hui, aux Etats-Unis, certaines entreprises ont payé SCO par peur d'être attaquées, poursuit-il. Beaucoup considèrent que SCO est un bandit de grand chemin, qu'il ne fait rien moins que rançonner les entreprises".
Ripostes
Surtout, la polémique sur l'affaire SCO ne désenfle pas. IBM a riposté, accusant SCO de violer la licence libre sous laquelle est Linux. SUSE et Red Hat, deux des plus importants distributeurs de Linux, ont également poursuivi SCO en Allemagne et aux Etats-Unis. "A chaque fois que SCO essaye de se justifier, il s'enfonce un peu plus", dénonce Loïc Dachary : l'entreprise a longtemps refusé de dévoiler quelles lignes de code avaient été volées pour exploiter Linux. Or, ce code, s'il fait bien partie d'Unix, était à l'origine dans le domaine public.
Unix a en effet eu de nombreux propriétaires : il appartenait d'abord à AT&T, qui l'avait vendue à Novell. Novell a désormais acheté Suse, distributeur allemand de Linux, et a promis une couverture juridique à ses clients s'ils étaient poursuivis par SCO.
"Linux dangereux"
SCO a donc le monde informatique contre lui. Dans The Economist, son patron Darl McBride affirme "qu'il ne s'agit pas de poursuivre pour poursuivre, mais de faire ce qui nous semble juste". Seulement, dans le même article, il explique que cette action vise à "faire de nos avoirs de l'argent". Sa dernière initiative : écrire au Congrès américain pour expliquer que Linux est dangereux pour la sécurité nationale...
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