© INTERNEMercredi, l'exécutif européen devrait mettre un terme à une enquête entamée il y a plus de cinq ans en condamnant Microsoft pour abus de position dominante et en lui imposant de modifier ses pratiques. Il devrait également lui infliger une lourde amende. Mario Monti, commissaire européen à la Concurrence, a réclamé lundi soir la somme record de 497 millions d'euros. Cette proposition a reçu l'aval des experts de la Concurrence des Quinze à qui elle a été présentée dans la journée à Bruxelles. Elle doit encore passer le cap mardi en fin d'après-midi d'une réunion des chefs de cabinet des membres de la Commission.
Irréconciliables
Pour Mario Monti, cette sanction doit "créer un précédent solide" établissant "des principes clairs pour le futur comportement d'une entreprise" avec une telle position dominante. C'est d'ailleurs, de son propre aveu, la raison pour laquelle il a mis fin aux négociations, la semaine dernière, avec Steve Ballmer, PDG de Microsoft.
Lors de ces négociations, les deux parties avaient réussi à rapprocher leurs vues, même sur le volet le plus sensible de l'enquête en cours : l'intégration dans Windows de Media Player, qui, selon l'Europe, écrase la concurrence.
Le groupe américain, qui refusait de dissocier Windows et Media Player, avait proposé une solution : permettre l'installation de logiciels concurrents, aux côtés du sien. L'offre était jugée alléchante par Bruxelles, mais Mario Monti demandait encore un effort à Microsoft pour qu'il s'engage sur sa politique à venir d'intégration de nouveaux produits dans Windows. Le groupe américain n'a pas accepté cette demande, et c'est là que les positions des parties ont été irréconciliables.
Prévoir les dérives à venir
Car une fois réglée l'enquête actuelle sur Microsoft, la Commission devra trancher sur d'autres plaintes déposées contre le géant américain du logiciel. La CCIA, association de concurrents de Microsoft, a en particulier demandé en février 2003 à Bruxelles de se pencher sur la dernière version de Windows XP et les risques d'extension de position dominante du groupe sur des marchés comme les logiciels de gestion de messageries texte ou image (photo, vidéo) pour téléphones portables ou ordinateurs de poche.
La Commission va "plus loin que les Etats-Unis car les autorités américaines n'ont pas réglé la question des ventes liées" de nouveaux logiciels avec Windows, estime l'avocat de l'un des plaignants. La décision de l'exécutif européen sera "très importante car lier Windows" à des logiciels du type de Media Player "est au coeur" de la stratégie du groupe, ajoute-t-il.
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